Qu'est-ce que la vérité au juste ? Est-elle La Vérité d'Henri Georges Clouzot, lorsqu'en 1960 le réalisateur met en scène Brigitte Bardot, tiraillée entre la figure que lui renvoie son avocat et cette autre encore plus floue que dessine le procureur général ? Est-elle cette Vérité ou presque de Sam Karmann en 2007, où tous les caractères du film vivent un mensonge perpétuel dans leur vie intime ? Ou encore cette Vérité nue d'Atom Egoyan en 2005 ? A-t-elle un prix, comme le décrit si bien Joel Santoni en 2001 dans le Le prix de la vérité ? Ou est-elle cette vertu immatérielle, intouchable ? « La vérité n'est jamais amusante, sinon tout le monde la dirait », précise le célébrissime scénariste Michel Audiard dans Les Barbouzes. Une définition un peu pessimiste de la vérité à laquelle répond en écho Peter Weir dans Le Cercle des poètes disparus : « La vérité, c'est comme une couverture trop petite, tu peux tirer dessus de tous les côtés, tu auras toujours les pieds froids. » Et si cette vérité pouvait s'associer dans une même expression, sans disharmonie et en toute quiétude avec son vilain cousin, le mensonge ? Cela pourrait donner ce titre : La vérité si je mens (1997...) de Thomas Gilou ou encore cet autre : True Lies.
Seule la vérité de l'amour est infaillible. Elle transcende toutes les fumisteries et tous les artifices. « La plus grande vérité que l'on puisse apprendre un jour est qu'il suffit d'aimer, et de l'être en retour », fera dire Baz Luhrmann à un de ses personnages dans son excellent Moulin Rouge.
Que de victimes au nom de cette vérité qu'on croyait si facile, si évidente, si claire.
Aujourd'hui, on comprend mieux que le jeu d'enfants n'était que pléonasme, car dire la vérité signifie également oser.


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