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Liban - Le Commentaire

Le comité de dialogue appelé à traiter le problème de l’acte d’accusation

Les concertations du président Michel Sleiman, vaste effort d'apaisement, ainsi que certaines relances extérieures ont sans doute porté Hassan Nasrallah à adopter un ton relativement modéré. Mais le fond reste très vif et abrupt. Et l'on se demande comment cela va se développer lors de la prochaine conférence de presse qu'il promet de tenir, toujours au sujet de l'acte d'accusation du TSL. Et l'on se demande encore plus comment il va réagir, lui et son parti armé, après la publication des conclusions du procureur Bellemare.
Un ancien ministre pense qu'il appartient au comité de dialogue national d'entamer sans tarder l'étude de la ligne à suivre, avant et après la publication de l'acte d'accusation, pour en amortir les potentiels effets négatifs ou dangereux sur la scène locale, en préservant la dignité et l'aura de l'État libanais aux yeux de la communauté internationale. Tout comme en renforçant tous les éléments favorables à la sauvegarde de l'unité nationale bien comprise. Ce que, de toute façon, la situation régionale, qui danse actuellement sur un fil d'acier, rend absolument nécessaire.
Cet ancien ministre conseille que, dans un premier temps, le comité de dialogue national édicte qu'il ne sera plus discuté de l'acte d'accusation avant sa parution. Les polémiques et les échanges de reproches sont inutilement préjudiciables et déstabilisants pour le gouvernement, tant que l'on ne saura pas ce que le document contient au juste. D'autant que le bras de fer s'articule principalement autour de diverses rumeurs non vérifiées.
Une fois la teneur de l'acte révélée, chaque partie pourra se prononcer et prendre position en connaissance de cause. Étant entendu qu'un clash politique éventuel entre légalistes appelant à la stricte neutralité par rapport au TSL et les fractions le dénonçant comme instrument israélien pourrait provoquer l'éclatement de la formule Doha et du gouvernement, ce qui déboucherait sur une crise de pouvoir pratiquement insoluble et un vide institutionnel mettant en péril l'entité libanaise.
Hassan Nasrallah a noté que les soupçons se sont successivement portés sur la Syrie, sur des proches de la Syrie puis sur des éléments du Hezbollah, sans que le parti ne soit lui-même impliqué, du moment que tout organisme peut être infiltré. Suivant le cheminement de ces propos, l'ancien ministre observe que rien n'empêche que l'on pointe maintenant du doigt une autre partie encore. Et puis pourquoi le Hezbollah ne suivrait-il pas l'exemple de la Syrie dont le ministre des Affaires étrangères, Walid Moallem, a annoncé qu'elle jugerait tout ressortissant syrien inculpé par le TSL dans l'assassinat de Rafic Hariri ?
En tout cas, la logique la plus élémentaire commande, surtout en matière de droit pénal, que l'on étudie bien à fond un acte judiciaire, que l'on décortique soigneusement tous ses éléments, que l'on scrute à la loupe les faits, les preuves, les témoignages et les présomptions exposés avant de prendre position. Une position qui, du reste, doit rester d'ordres juridique, scientifique, purement technique, et non pas de nature passionnelle ou politique. Pour l'ancien ministre, il ne faut donc préjuger de rien. Car les ministres et les députés libanais pourraient tous se retrouver d'accord pour estimer, le cas échéant, que les données étalées dans l'acte d'accusation sont sujettes à caution et qu'elles entraînent des mises en examen ne se fondant pas sur des preuves irréfutables. Mais, bien entendu, les avis pourraient se retrouver partagés. Certains feraient confiance aux conclusions du procureur Bellemare et d'autres les jugeraient friables. Il ne faudrait tout de même pas que ces divergences provoquent une discorde interne menant le Liban à sa ruine. Il ne suffit pas de lancer en l'air que le TSL est un tribunal israélien. Il faut savoir, si on veut le contrer, quels arguments juridiques solides lui opposer.
Saad Hariri proclame que la découverte de la vérité doit s'accomplir pour servir la paix civile et cet intérêt national sans lequel il n'y aurait pas eu de tribunal international. Sur le plan personnel, il s'en remet, au-delà de la vérité judiciaire, au verdict du Tout-Puissant. À l'instar du député Walid Joumblatt, qui s'est contenté de recueillir l'identité des meurtriers de son père sans pousser les poursuites plus loin.

Les concertations du président Michel Sleiman, vaste effort d'apaisement, ainsi que certaines relances extérieures ont sans doute porté Hassan Nasrallah à adopter un ton relativement modéré. Mais le fond reste très vif et abrupt. Et l'on se demande comment cela va se développer lors de la prochaine conférence de presse qu'il promet de tenir, toujours au sujet de l'acte d'accusation du TSL. Et l'on se demande encore plus comment il va réagir, lui et son parti armé, après la publication des conclusions du procureur Bellemare.Un ancien ministre pense qu'il appartient au comité de dialogue national d'entamer sans tarder l'étude de la ligne à suivre, avant et après la publication de l'acte d'accusation, pour en amortir les...
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