Le tribunal a aussi fixé la première audience au 16 décembre, dans un centre de détention près d'Istanbul, a déclaré le juge Davut Bedir à l'agence de presse turque.
Ce complot présumé aurait été fomenté au siège de la Première armée à Istanbul, après l'arrivée au pouvoir en 2002 du Parti de la justice et du développement (AKP), une formation issue de la mouvance islamiste. L'arrivée de l'AKP avait fait redouter à une partie de l'opinion et de la hiérarchie militaire une remise en cause de la laïcité en Turquie. Le complot « Opération masse de forgeron » visait à commettre des attentats dans des mosquées et à provoquer des tensions avec la Grèce, pour semer le chaos et justifier un coup d'État, selon l'acte d'accusation rendu public lundi dernier. Mais le principal inculpé, le général Cetin Dogan, ancien chef de la Première armée, a répété qu'il ne s'agissait que d'un scénario parmi d'autres envisagé par les militaires, en cas de conflit avec la Grèce.
Environ 40 militaires d'active ou à la retraite, dont le général Dogan, avaient été arrêtés en février dans cette affaire, provoquant une vive émotion dans le pays, puis remis en liberté après des mises en cause de la procédure.
Parallèlement à cette procédure, pas moins de 290 personnes ont été inculpées depuis 2007 dans différentes enquêtes sur le réseau dit Ergenekon, accusé d'avoir voulu semer le chaos pour favoriser un putsch. Ces affaires ont porté gravement atteinte à l'armée, une institution qui se veut la garante de la laïcité et qui a renversé quatre gouvernements en un demi-siècle.
Liens avec le PKK
L'armée turque a par ailleurs annoncé hier qu'elle enquêtait sur la possibilité que des militaires aient entretenu des liens avec les rebelles kurdes et les aient aidés. Cette nouvelle affaire embarrassante pour l'armée a été révélée la semaine dernière par le journal Bugün qui a reproduit des extraits d'enregistrements de conversations téléphoniques entre deux officiers, en 2007, dans lesquelles les rebelles kurdes sont mentionnés par le terme « nos gars ». L'interlocuteur se plaint du fait que les pertes sont nombreuses dans les rangs des rebelles du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), du fait de l'utilisation d'un drone par l'armée. L'officier demande que l'itinéraire du drone soit modifié, et l'autre officier répond : « Nous allons voir ce que nous pouvons faire. »
L'armée turque combat le PKK depuis qu'il a pris les armes en 1984 pour obtenir l'autonomie du sud-est de la Turquie, dont la population est en majorité kurde. Le conflit a fait plus de 45 000 morts.


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