- rendre les transactions financières beaucoup plus transparentes. En effet, si les opérations nouées sur les « vieux » marchés réglementés présentent, de manière générale, cette qualité, il n'en est pas de même pour celles qui transitent par les « nouveaux » marchés, aussi bien les marchés dérivés de gré à gré que les plateformes électroniques privées gérées essentiellement par des banques et qui traitent de gros ordres. Parallèlement, il est indispensable que les principaux acteurs qui interviennent sur ces marchés publient toutes les informations nécessaires pour que l'on connaisse leurs activités, les actifs qu'ils gèrent, les procédures qu'ils mettent en place pour suivre les risques pris... Ces dispositions doivent s'appliquer en premier lieu aux hedge funds, ces organismes de placement collectif qui proposent des stratégies à fort effet de levier, c'est-à-dire très rentables en cas de hausse des cours, mais fort dangereuses en cas de baisse ;
- donner un pouvoir de réglementation et de contrôle accru aux autorités de tutelle existantes comme la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine et l'Organisation internationale des commissions de valeurs (OICV) ou en voie de création comme l'Autorité européenne des marchés financiers (AEMF) ;
- contraindre les émetteurs à expliquer la philosophie et la pertinence des nouveaux produits qu'ils introduisent sans cesse sur le marché et leur imposer de supporter une part significative des risques créés ;
- instaurer un véritable code de déontologie pour les agences de notation dont on peut regretter le caractère oligopolistique, des conflits d'intérêts avec les organismes évalués qui sont aussi leurs clients, donc qui les rémunèrent pour être notés, les méthodes d'évaluation opaques, les annonces de dégradation à des moments qui accélèrent la détérioration d'une situation financière déjà difficile.
Il faut, cependant, être conscient que même si ces exigences étaient remplies, elles pourraient n'avoir que des effets limités pour deux raisons : d'une part, de nombreuses opérations financières sont réalisées dans des centres offshore, donc dans des endroits particulièrement laxistes en termes de réglementation ; d'autre part, l'imagination des financiers précède toujours la loi. La route vers une économie financière saine est encore longue...
*Professeur à l'université de Rouen et à l'ESA.
En coopération avec :ESA

