Le ministre du Tourisme, Fady Abboud, inaugurant hier le Salon. Photo Dalati et Nohra
L'organisateur International Fairs & Promotions (IFP) a inauguré hier pour la 13e année consécutive son Salon régional « Beirut Jewelry Week », ou la semaine de la joaillerie, à Beyrouth, au BIEL. En présence du ministre du Tourisme, Fady Abboud, des enseignes du monde entier ont dévoilé leurs articles de luxe, d'une valeur parfois chiffrée à plusieurs dizaines de milliers de dollars l'unité. Plus de 70 exposants d'Inde, d'Italie, de Thaïlande, des Émirats arabes unis, des États-Unis et, bien entendu, du Liban présenteront ainsi sur quatre jours, jusqu'au 23 juillet, leurs bijoux, accessoires, montres, et autres produits affiliés à la joaillerie et à l'horlogerie. Cet événement vient encore une fois renforcer la position du Liban comme plate-forme régionale du luxe. Dans un contexte marqué par l'invasion des enseignes haut de gamme, qui ont pris d'assaut le centre-ville, le « Beirut Jewelry Week » ne fait forcément pas tache.
Ce Salon, qui devrait accueillir entre 7 000 et 10 000 visiteurs au total, sur une surface de 3 000 mètres carrés, revendique une diversité d'approches : à la fois ludique, avec plusieurs animations quotidiennes et des défilés de mode, professionnelle car permettant de mettre en contact les spécialistes du secteur et les traders pour une approche Business to Business (B2B), et instructive. En effet, l'Institut international de gemmologie (IGI), la plus grande organisation mondiale indépendante en matière d'expertise et d'évaluation de pierres précieuses et de diamants, a organisé pour la première fois au Liban, sur six jours, un atelier de formation sur le polissage de diamants. Dans le cadre du Beirut Jewelry Week, ces cours intensifs ont d'ores et déjà débuté le 17 juillet et seront clôturés le 22 par une remise de diplômes, en présence du PDG de l'IGI, Roland Lorié. Cette initiative, selon l'Institut, vise à sensibiliser les professionnels de la joaillerie, au regard de la nécessité de spécialiser la main-d'œuvre locale dans toutes les branches du secteur.
Un secteur d'ailleurs en pleine expansion, selon le PDG d'IFP, Albert Aoun, qui a souligné que la saison estivale était également celle des mariages, moteur de l'industrie locale. En outre, « l'approche du ramadan favorise la consommation, tout comme la présence d'un grand nombre de touristes et d'expatriés », a-t-il noté. Les ressortissants arabes demeurent en effet les principaux clients des quelque 400 artisans et ateliers libanais spécialisés. Le ministre du Tourisme a d'ailleurs réitéré, au cours de l'inauguration du Salon, son optimisme quant au secteur touristique, affirmant que « le Liban a été en mesure de dépasser toutes les attentes au niveau du nombre de touristes depuis le début de l'année ».
Même s'il est aujourd'hui difficile de quantifier précisément le marché de la joaillerie, les importations de pierres précieuses étant exemptées de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) - « ce qui rend tout recensement malaisé, il n'existe pas vraiment de chiffres à ce niveau », a glissé M. Aoun -, il n'empêche que la joaillerie représente au Liban un marché conséquent, valant plusieurs dizaines de millions de dollars. Plus encore, le dynamisme des créateurs libanais reste le meilleur atout de cette industrie, le Liban étant devenu en quelques années l'un des chefs de file régionaux du secteur, si ce n'est le leader, aux dires de M. Abboud, qui a affirmé lors de son intervention que Beyrouth était « la capitale mondiale du luxe ». Quoi qu'il en soit, les amateurs sont prévenus, y compris les adeptes de joaillerie éthique.

