Le nombre des ressortissants asiatiques, qui ont constitué 14,3 % et 14 % du nombre total de visiteurs en 2009 et 2008 respectivement, est également en train de s'accroître de manière significative. En effet, plus de 140 000 touristes asiatiques, soit près de 20 % du total des visiteurs, ont foulé le sol libanais au cours des cinq premiers mois. Ces chiffres laissent donc augurer une augmentation certaine de la proportion des ressortissants asiatiques sur l'ensemble de l'année.
En parallèle, les Européens ont représenté environ un quart du nombre total de touristes fin avril (24 %), et 27 % du total des visiteurs en mai. Leur nombre a de ce fait enregistré une hausse perceptible ces derniers mois. Il convient donc de se demander quelles sont les causes de cette diversification ; ce phénomène gagnera-t-il en importance sur le long terme ?
De Doha à Pékin
Le point de départ du boom touristique qu'a connu le Liban ces deux dernières années est sans aucun doute imputable aux accords de Doha de mai 2008, qui ont mis fin à plusieurs années d'instabilité. Au cours de la même année, le ministre du Tourisme alors en fonctions, Élie Marouni, entamait des pourparlers avec la Chine, en vue de stimuler les échanges touristiques bilatéraux. Cette initiative, prévue pour faire gagner au Liban « plus de 200 000 touristes Chinois » en 2009, selon M. Marouni, ne s'est malheureusement pas concrétisée, étant donné que l'Office national chinois du tourisme (ONTC) n'a donné son aval définitif qu'en mars 2010. Mais les agences de voyage interrogées par L'Orient-Le Jour ont néanmoins confirmé un léger accroissement, d'ores et déjà, du nombre de réservations effectuées par des touristes chinois : « Il en existe deux catégories, a expliqué une responsable de l'agence de voyages Kurban Travel : une majorité (70 %) constituée par des groupes qui suivent le circuit Syrie-Jordanie-Liban et qui passent deux ou trois nuitées ici avant de repartir, et un tiers d'entre eux qui viennent directement au Liban pour y passer en moyenne 5 nuits. La proportion de ces derniers a visiblement augmenté cette année », a-t-elle ajouté.
La demande turque a pour sa part connu un accroissement remarqué en raison des accords signés à Ankara cette année visant à consolider les échanges libano-turcs dans plusieurs secteurs, dont le tourisme. Au cours de sa visite, le mois dernier à Istanbul, le Premier ministre Saad Hariri a même déclaré que le nombre de visiteurs turcs avait « quadruplé » depuis la suppression des visas entre les deux pays. Une source du ministère du Tourisme a d'ailleurs salué, au cours de son entretien avec L'Orient-Le Jour , l'initiative de son ministre, Fady Abboud, des agences de voyage libanaises et de la Middle East Airlines (MEA) qui ont déployé beaucoup d'efforts afin d'encourager les ressortissants turcs à visiter le pays, invitant au début du mois d'avril le président du syndicat des tours opérateurs turcs, accompagné d'une délégation venue spécialement au Liban « en mission de prospection ». Enfin, l'arrivée des « nouveaux touristes » pourrait prendre une plus grande ampleur au regard du plan mis en place par le ministère du Tourisme visant à diversifier les dépenses de promotion du Liban à l'étranger, en les orientant davantage vers les pays non arabes. Aujourd'hui, 70 % de ces dépenses sont allouées aux pays de la région, alors que les ressortissants arabes sont d'ores et déjà des inconditionnels du pays du Cèdre. Le même plan vise en outre à développer le tourisme rural et religieux.
Quoi qu'il en soit, l'année 2010 semble prometteuse : « Il ne fait aucun doute que nous dépasserons la barre des deux millions (de touristes) cette année », a affirmé la responsable de Kurban Travel. « Nous n'avons pas arrêté de travailler depuis le début de l'année, la demande est telle que nous n'avons absolument pas eu le sentiment d'être en période creuse », a renchéri un responsable de l'agence Nakhal. Les chiffres pour les cinq premiers mois de l'année confirment cette tendance. Selon les chiffres du ministère du Tourisme, quelque 732 855 visiteurs auraient déjà franchi nos frontières au cours des cinq premiers mois de l'année, contre 569 724 au cours de la même période de 2009 - pourtant l'année de tous les records - augmentant ainsi de 28,6 % sur un an.

