Steve Ballmer et Bill Gates réunis lors de la passation des pouvoirs, en 2006.
La date de sortie de Vista aura fait couler beaucoup d'encre. Entre 1995 et 2001, Microsoft lance successivement Windows 95, 98, 98 Seconde Edition, Windows 2000, Windows NT 4 et Windows Millenium Edition. Pour Vista, il aura fallu attendre 5 ans en revanche.
Que se passe-t-il chez l'éditeur de Redmond entre 2001 et 2006 pour justifier cette absence de nouvelles sorties ? Il a fallu sécuriser Windows XP, régulièrement la cible d'attaques informatiques. C'est le moment où Internet se généralise chez les particuliers. Les virus à grande échelle se multiplient : I Love You, Blaster ou Mydoom marqueront les esprits.
Windows XP sera doté de 3 Services Pack, chacun corrigeant son lot de failles. Le Service Pack 2 introduit également un pare-feu. Cela va peser dans le développement de Vista qui va faire de la sécurité une de ses priorités.
Un développement en deux phases
Vista se voulait assez ambitieux : nouvelle interface graphique, nouveau système de fichier (WinFS), nouvelle version d'Internet Explorer, nouvelle librairie graphique (direct X 10), nouvelle configuration réseau et sécurité accrue.
Au final, le développement prend beaucoup de retard et, en 2004, le projet est remanié et se débarrasse de deux briques : WinFS et NGSCB (système de sécurité par virtualisation). Des fonctionnalités prévues uniquement pour Vista seront finalement portées sous Windows XP (Direct X 10, IE 7, WMP 11 et même l'interface Aero).
En 2005, alors que le géant du logiciel a réorganisé ses équipes pour se concentrer sur le projet Longhorn, celui-ci prend le nom de Windows Vista. Il est alors soutenu et défendu par Bill Gates qui passera ensuite le flambeau à Steve Ballmer. Les deux dirigeants feront plus tard des campagnes de promotion de ce nouveau Windows. C'est aussi entre 2004 et 2005 que se décide le mode de commercialisation si particulier de Vista. Le logiciel est proposé en 6 versions différentes : 3 pour le grand public et 3 pour les entreprises.
Une fois les équipes et le chef de projet remaniés, le projet a rapidement abouti à la version finale. La première beta est lancée en juillet 2005. Elle évolue régulièrement jusqu'à la beta 2 en mai 2006. À partir de celle-ci, Vista ne sera que très peu retouché. La RC1 est validée en septembre 2006 alors que la sortie officielle intervient fin novembre. Le marché semble un peu pris de court et certains fabricants de matériels et de logiciels n'auront pas eu le temps de s'adapter à Vista avant le lancement.
3D et nouvelle interface
La première chose qui frappe lorsque le grand public découvre Windows Vista, c'est sa nouvelle présentation. On mélange l'ancien style de XP avec des effets de transparence, de transitions 3D entre les fenêtres et des Widgets (une barre d'outils fixée à droite de l'écran qui affiche des informations présélectionnées par l'utilisateur).
Autre nouveauté de l'interface, le bouton « démarrer » disparaît et la barre de démarrage est légèrement modifiée pour accéder plus rapidement aux programmes et contenus. Cette interface sera encore légèrement remaniée sous Windows 7, mais le style général est conservé.
Revers de la médaille, cette nouvelle interface graphique est particulièrement exigeante. Pour la version familiale, la plus classique, il est recommandé d'avoir une configuration de 2 Go de mémoire vive, une carte graphique récente Direct X 9 128 Mo et un processeur double cœur.
C'est en moyenne deux fois ce que nécessite Windows XP pour tourner. Et les performances générales ne sont pas spécialement à la hausse en lecture/écriture, au démarrage... De même, à la sortie de ce nouveau Windows, les pilotes matériels ne sont pas encore bien optimisés. Les performances sont donc décevantes sur les ordinateurs anciens.
Une protection élevée par défaut
À l'occasion de la sortie de Windows Vista, Microsoft lance Internet Explorer 7. Il se renforce en matière de sécurité et propose une nouvelle interface. Dans la foulée, Microsoft transforme Outlook Express en Windows Mail, puis MSN Messenger en Windows Live Messenger. Une harmonisation qui ne fera pas que des heureux, mais apporte son lot d'innovations.
Côté multimédia, Windows Media Center est intégré dans Vista et n'est plus vendu en tant que système à part entière. Le lecteur Windows Media Player passe en version 11 et Movie Maker évolue.
Pour se protéger des attaques informatiques, le géant du logiciel met le paquet avec Vista. Il inclut un pare-feu, propose son propre antivirus, un outil correctif contre les logiciels malveillants, un autre contre les logiciels espions. Les mises à jour sont plus régulières et, surtout, l'utilisateur qui se connecte n'est plus considéré comme un
administrateur.
Il obtient donc moins de privilèges, ce qui évite les erreurs, mais peut parfois le limiter dans son travail. Plus problématique, des alertes de sécurité surgissent trop souvent : à l'installation d'un programme, lors d'une mise à jour, à chaque nouveau périphérique de stockage connecté...
Dès 2008, Microsoft commence à communiquer sur le successeur de Windows Vista. En pleine crise de confiance sur son nouveau système, Microsoft repousse la fin de vie de Windows XP. L'arrêt de la commercialisation intervient en juin 2008, soit un an et demi après la sortie de Windows Vista.

