Il faut souligner que trois pays voisins du Liban n'ont jamais signé la Convention des Nations unies sur le droit de la mer qui a siégé à Montego Bay (Jamaïque) entre 1972 et 1982 et qui est entrée en vigueur en 1994. Ces pays sont : Israël, la Syrie et la Turquie.
La ZEE peut s'étendre sur 200 miles marins (370 kilomètres) au-delà de la ligne de base des eaux territoriales.
L'accord de 2007 entre le Liban et Chypre délimitant les eaux entre les deux pays est une base solide, mais n'a pas reçu l'aval de la Turquie, qui est une puissance occupante du nord de l'île de Chypre depuis 1974. Cependant, en cas de litige avec la Turquie, le Tribunal international des droits de la mer, basé à Hambourg, donnera raison certainement à cet accord car la Turquie n'a aucun droit reconnu (autre que par elle-même) sur la partie occupée de l'île de Chypre.
Les deux autres pays limitrophes sont la Syrie et Israël. Il faudrait sans plus tarder engager des négociations avec la Syrie pour délimiter les ZEE à partir de la frontière nord. Quel que soit l'impact d'une possible revendication syrienne, il est impératif d'arriver rapidement à un accord avec notre voisin du nord. Et puisque plusieurs dossiers sont à l'étude entre nos deux pays, pourquoi ne pas ajouter celui-ci, vu son extrême urgence ?
Finalement, comme les négociations avec Israël ne sont pas à l'ordre du jour, il faudrait élaborer un projet de ZEE limitrophe des eaux territoriales de la Palestine occupée et le présenter unilatéralement aux instances internationales. S'il y a litige - et il y en aura certainement -, il conviendrait alors de recourir au Tribunal international du droit de la mer pour départager ces droits. Dans tous les cas, aucune compagnie pétrolière digne de ce nom ne s'aventurera dans de grandes dépenses d'exploration et d'exploitation dans des territoires litigieux s'il existe un risque, même minime, d'être assujettie à des indemnisations qui pourraient s'élever à des milliards de dollars en cas de condamnation par le tribunal. Israël ne pourra pas faire main basse sur des richesses qui seraient reconnues comme étant la propriété du Liban ou de Chypre si, et seulement si, elles sont consignées comme telles auprès des instances internationales.
La bataille réglementaire précède nos batailles stériles internes. Donc rien ne sert actuellement d'avoir des discussions sur le « sexe des anges » et de vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué, alors que les bases juridiques territoriales ne sont pas au point. Ne mettons pas la charrue devant les bœufs et commençons par nous blinder juridiquement devant les instances internationales des Nations Unies, et politiquement auprès des pays amis. En faisant valoir nos droits, on aura certainement gain de cause.
Avoir une position juridique forte ouvre la voie à l'intérêt des grandes compagnies pétrolières et au capital nécessaire, et qui se chiffre par milliards de dollars pour l'exploration et l'exploitation des gisements.


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