Certains journalistes africains ont recours aux moyens du bord, n'hésitant pas à pirater les transmissions./
Et la défaite du Ghana vendredi soir contre l'Uruguay, en quarts de finale, devrait entraîner le départ des derniers contingents.
"Nous avons fait tout notre possible pour faire en sorte que tout le monde puisse regarder" ce Mondial africain, souligne cependant la journaliste ougandaise Jane Kasumba, interrogée par l'AFP au centre de presse international à Johannesburg.
Jane fait partie des rares élus parmi les reporters africains à avoir fait le déplacement, grâce à un accord entre une association continentale de radios-télévisions, African Union of Broadcasters (AUB), et la Fédération internationale de football.
Quarante et une radios-télévisions africaines ont acheté ensemble les droits pour la diffusion des matches du Mondial et installé un studio commun au centre de presse installé près du stade de Soccer City.
Dans ce cadre, dix-neuf journalistes de 15 pays ont été envoyés en Afrique du Sud pour couvrir les matches en anglais, français et portugais, et produire une demi-heure d'émission quotidienne sur la compétition.
Pour Djibril Traoré, venu du Mali, il était essentiel de parcourir les 5800 km jusqu'en Afrique du Sud.
"Beaucoup de journalistes européens disaient que l'Afrique n'y parviendrait pas (à organiser le Mondial, ndlr), qu'il y avait trop d'insécurité. Mais nous avons montré que l'Afrique pouvait le faire. Nous en sommes très fiers!"
Moyens du bord
Pourtant, la grande majorité des médias africains n'ont envoyé aucun reporter: au voyage en avion, souvent très cher en raison de l'absence de concurrence sur les lignes continentales, il faut ajouter l'hôtel pendant des semaines à des prix gonflés pour l'évenement, et le transport intérieur (voiture de location et avion).
Ce qui met la couverture du Mondial hors de portée pour les ressortissants de pays où le revenu moyen est bien souvent à peine supérieur à un dollar par jour.
Aussi certains ont-ils recours aux moyens du bord, n'hésitant pas à pirater les transmissions. La radio-télévision publique du Cameroun, qui a acheté les droits, a dû crypter ses émissions face à l'ampleur des vols d'images.
En République démocratique du Congo (RDC), seule la compagnie publique est détentrice des droits, au sein de l'AUB. Mais de nombreuses autres chaînes transmettent les matches... La presse écrite reprend quant à elle les dépêches d'agences et "emprunte" des photos sur l'internet.
Une radio populaire du Kenya a trouvé une façon originale d'apporter son cachet à la couverture des matches, avec des commentaires en direct de journalistes qui regardent les matches à la télévision.
D'une façon ou d'une autre, il a fallu assurer. "Cette Coupe du monde a bénéficié d'une couverture beaucoup plus fournie que toutes les autres avant elle", note Hezekiah Wepukhulu, vétéran du journalisme sportif à Nairobi. "Tous les médias africains l'ont traitée en priorité."

