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Nos lecteurs ont la parole

Onze milliards de dollars envolés dans la nature ?

Joseph W. ZOGHBI
Le président de la Chambre des députés, M. Nabih Berry, déclare, après avoir rencontré le président de la République : «Il  faudrait savoir où sont passés les 11 milliards.» Avant lui, M. Gébran Bassil, dans l'émission Kalam el-Nass présentée par Marcel Ghanem, a laissé entendre que durant les cinq dernières années où le pays n'avait pas de budget, 11 milliards (de dollars bien sûr) ont été dépensés en plus du « budget virtuel » de l'État. Il s'est empressé d'ajouter tout de suite après que l'essentiel est maintenant de voter le budget 2010 (oui, vous avez bien lu, voter 2010 en juin 2010) et de ne plus les ennuyer avec cette affaire.
Pour ne rien vous cacher, 11 milliards de dollars représentent grosso modo le budget annuel actuel de l'État libanais. Mais cela veut dire plusieurs choses aussi ; qu'avec ce dépassement, notre dette s'est accrue de 11 milliards de dollars sans que l'on ne soit au courant de l'existence de ce dépassement. Qu'au lieu que cette dette ne soit aujourd'hui de 45 milliards de dollars, elle est passée à 55 milliards. Que des dépenses «inconnues et peut-être non répertoriées» ont été faites sans que les citoyens aient su qui a dépensé leur argent et sur quoi il a été dépensé.
Avouez que c'est assez perturbant, pour ne pas dire  révoltant. On comprend maintenant pourquoi les nouveaux tenants du pouvoir politico-financiers de l'ère d'après Taëf ne voulaient en aucun cas, lors de la formation du gouvernement, lâcher le ministère des Finances. Il doit y avoir beaucoup de «cadavres» dans les placards dont la découverte aurait occasionné le plus grand scandale de la IIe  République.
Du point de vue strictement comptable, je ne comprends pas comment on peut voter un nouveau budget sans que les comptes des années précédentes aient été « bouclés » et approuvés en Conseil des ministres. C'est la base même de toute comptabilité. Faire des entourloupes et nous faire avaler des couleuvres n'est pas digne de ce gouvernement qui se veut d'unité nationale et qui veut enrayer la corruption.  
C'est vrai aussi que nous voulons que le budget soit voté pour pouvoir commencer les investissements nécessaires à la bonne marche de l'économie. Mais nous insistons en tant que citoyens libanais pour que le vote de ce budget soit assorti d'une condition qui est celle de boucler les budgets des années précédentes et que le comité ad hoc qui a été formé et présidé par le Premier ministre présente ses conclusions dans des délais déterminés et brefs.
En tant que citoyens libanais, nous voulons que toute cette affaire soit tirée au clair et, s'il y a irrégularités, que les personnes responsables soient jugées et condamnées. Nous refusons que cette affaire soit enterrée avant que toute la lumière ne soit faite.

Joseph W. ZOGHBI
Le président de la Chambre des députés, M. Nabih Berry, déclare, après avoir rencontré le président de la République : «Il  faudrait savoir où sont passés les 11 milliards.» Avant lui, M. Gébran Bassil, dans l'émission Kalam el-Nass présentée par Marcel Ghanem, a laissé entendre que durant les cinq dernières années où le pays n'avait pas de budget, 11 milliards (de dollars bien sûr) ont été dépensés en plus du « budget virtuel » de l'État. Il s'est empressé d'ajouter tout de suite après que l'essentiel est maintenant de voter le budget 2010 (oui, vous avez bien lu, voter 2010 en juin 2010) et de ne plus les ennuyer...
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