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Économie - Liban - Bilan

Satisfecit en demi-teinte du FMI et craintes au sujet des réformes

Par la voie de son chef de mission, Andreas Bauer, le Fonds monétaire international (FMI) a revu hier à la hausse ses prévisions de croissance au Liban, à 8 % en 2010, contre 6 % initialement. Le FMI a toutefois déploré le progrès timide dans le traitement des « faiblesses structurelles », réitérant sa mise en garde contre le retard dans l'application de certaines réformes-clés.

La ministre des Finances, Raya el-Hassan, entourée du gouverneur de la BDL, Riad Salamé, et du chef de mission du FMI, Andreas Bauer, au cours de la conférence de presse hier. Photo AFP

Le Fonds monétaire international (FMI) a salué hier la « performance remarquable » de l'économie libanaise, estimant que la croissance pourrait dépasser 8 % en 2010, tout en soulignant la nécessité de réduire le ratio dette/PIB, l'un des plus élevés au monde.
« Le Liban est en train de récolter les fruits d'une meilleure stabilité et des politiques prudentes. La performance économique a été remarquable malgré les défis » de la crise mondiale, a affirmé Andreas Bauer, chef d'une mission du FMI à l'issue de son évaluation annuelle de l'économie libanaise.
« Cette dynamique continue en 2010 et la croissance réelle pourrait dépasser 8 % si la tendance actuelle se confirme », a-t-il indiqué au cours d'une conférence de presse, en présence de la ministre des Finances Raya el-Hassan et du gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé.
Rappelons à cet égard que les dernières prévisions du FMI avaient tablé sur une croissance de 6 % en 2010. Les propos tenus hier par M. Bauer révèlent ainsi une révision à la hausse des prévisions du Fonds, à la lumière de la croissance importante des principaux indicateurs économiques du pays au cours des premiers mois de l'année.
Par ailleurs, M. Bauer a évoqué la situation monétaire, saluant la politique adoptée par la Banque centrale visant à « contenir » l'important afflux de dépôts à travers une baisse progressive des taux d'intérêt. Il a toutefois noté que les taux appliqués à l'heure actuelle avaient atteint un certain équilibre, insinuant ainsi de manière indirecte que la baisse, amorcée au lendemain de la crise mondiale, ne devrait plus se poursuivre. Il s'est félicité, parallèlement, du niveau élevé des réserves en devises de la BDL, qui ont récemment dépassé le seuil des 30 milliards de dollars.
Tout en saluant la réduction du ratio dette/PIB de 180 % en 2006 à 148 % fin 2009, M. Bauer a toutefois rappelé que « la dette publique reste l'une des plus élevées au monde » et que peu de progrès ont été enregistrés au niveau du « traitement des faiblesses structurelles ».
« Les autorités doivent profiter de la dynamique économique positive pour mettre en œuvre une série de réformes en suspens », a-t-il signalé, relevant « l'urgence » de la réduction du déficit de l'Électricité du Liban (EDL), qui coûte près d'un milliard de dollars par an au Trésor.

Réformes à court et moyen terme
En effet, « le gouvernement libanais fait face aujourd'hui à deux principaux défis. D'abord, celui de gérer de manière prudente le boom actuel et d'éviter ainsi une surchauffe de l'économie. Ensuite, celui de saisir le momentum positif qui prévaut depuis un certain temps pour mettre à exécution les réformes, toujours en suspens », a ainsi souligné le chef de mission du FMI.
« L'environnement actuel à l'échelle mondiale, caractérisé par des taux d'intérêt relativement bas, risque de ne pas persister indéfiniment (...). Le Liban devrait donc lancer dès à présent le chantier des réformes structurelles (...). La réduction du déficit de l'Électricité du Liban (EDL) revêt à cet égard une urgence particulière », a ajouté M. Bauer. La réforme du producteur national d'énergie impliquerait notamment, selon lui, « une révision des tarifs, une réduction des pertes techniques et non techniques, ainsi qu'une amélioration de la gouvernance. »
Outre ces mesures impératives à court terme, « les politiques fiscales adoptées à moyen terme devraient paver la voie à des dépenses d'investissement et des dépenses sociales plus importantes, tout en dégageant un excédent primaire plus élevé afin de réduire le ratio de dette au PIB », a ajouté M. Bauer. « Pour cela, une série de mesures fiscales, telles que l'introduction de l'impôt sur le revenu global, ou de l'impôt sur les gains en capital ou encore une augmentation graduelle de la TVA, s'impose », a-t-il précisé. Le chef de mission du FMI a en outre mis l'accent sur la nécessité de dynamiser le partenariat public-privé (PPP) afin d'atteindre ces objectifs, soulignant que ce partenariat permettrait de combler les nombreux besoins du Liban en matière d'infrastructure, tout en limitant le risque de dérapage sur le plan fiscal.
M. Bauer a enfin mis en garde contre la flambée des prix de l'immobilier, soulignant que si la hausse actuelle se poursuivait, en parallèle avec le développement de l'activité d'emprunt, les autorités monétaires devraient reconsidérer certaines des dispositions relatives aux exemptions sur les réserves obligatoires des banques commerciales.
Rappelons qu'une mission du FMI conduite par M. Andreas Bauer avait visité le Liban du 27 mai au 8 juin pour mener des discussions sur les consultations de l'année 2010 au titre de l'article IV. La mission a eu des entretiens notamment avec la ministre des Finances, Raya el-Hassan, le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, ainsi qu'avec d'autres membres du gouvernement et des représentants du secteur privé.
Le Fonds monétaire international (FMI) a salué hier la « performance remarquable » de l'économie libanaise, estimant que la croissance pourrait dépasser 8 % en 2010, tout en soulignant la nécessité de réduire le ratio dette/PIB, l'un des plus élevés au monde.« Le Liban est en train de récolter les fruits d'une meilleure stabilité et des politiques prudentes. La performance économique a été remarquable malgré les défis » de la crise mondiale, a affirmé Andreas Bauer, chef d'une mission du FMI à l'issue de son évaluation annuelle de l'économie libanaise.« Cette dynamique continue en 2010 et la croissance réelle pourrait dépasser...
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