Des élus belges discutent de la situation politique, arborant fièrement le drapeau national. Benoit Doppagne/AFP
Le petit parti unitariste CDF (Chrétiens démocrates fédéraux) et l'Union belge BUB se présenteront au sein de l'alliance Belg.Unie. « Actuellement, on oppose toujours le Nord au Sud. Nous, nous travaillons sur la base d'une Belgique unitaire, nous voulons un retour à la Belgique tout simplement », explique la tête de liste du mouvement à Bruxelles, Hans Van de Cauter. Un retour à une Belgique rêvée, avant que le pays ne devienne un État fédéral morcelé en trois régions (Flandre néerlandophone au Nord, Wallonie francophone au Sud et Bruxelles au milieu, très majoritairement francophone mais située en Flandre). Avant que le royaume ne soit scindé par des frontières linguistiques étanches au début des années 1960.
Le programme des zélotes de la Belgique unie a des allures de conte de fées : suppression des régions et communautés linguistiques, retour à un seul gouvernement, un seul Parlement, une circonscription électorale nationale et le maintien garanti de la monarchie pour cimenter le tout.
« Il s'agit d'une structure simple, peu chère et efficace devant remplacer le fédéralisme qui a été progressivement introduit depuis 1970 et qui est un échec total car il s'agit d'un système cher, compliqué, inefficace, raciste et hyperpolarisant », proclame le programme du mouvement.
Mais les thuriféraires de la Belgique unie ne se font guère d'illusions : le BUB avait péniblement atteint 0,13 % des suffrages au dernier scrutin de juin 2007 et il ne devrait guère progresser. C'est à Bruxelles qu'on les trouve en plus grand nombre, là où le drapeau tricolore belge pavoise encore certains balcons d'appartement. Ils étaient encore plusieurs milliers rassemblés dimanche devant le p«alais royal - tout un symbole - pour un « Belgavox concert » donné par une quarantaine de groupes flamands et francophones venus exprimer leur ras-le-bol des forces centrifuges qui déstabilisent le pays. « Nous faisons l'expérience au quotidien, dans le pays et à l'étranger, de la valeur ajoutée incontestable du label Belgique », soulignent les artistes dans leur profession de foi.
Malgré tout, leur message reste largement inaudible dans un pays où les grands partis francophones ne se battent plus que pour limiter la casse face aux demandes d'autonomie croissante des néerlandophones. En Flandre, les artistes qui osent défendre le drapeau belge sont même vilipendés. Le plus populaire des groupes de variétés flamands, Clouseau, en a fait les frais l'an dernier en s'attirant une voilée de bois vert des indépendantistes après avoir sorti un titre iconoclaste, « Vive la Belgique », où le néerlandais se mêle au français. Même chez les francophones, le « belgicanisme » a ses adversaires du côté des partisans, encore ultraminoritaires, de l'indépendance de la Wallonie ou de son rattachement à la France. « Réclamer une Belgique unitaire, c'est naïf et irréaliste. Il faut dire aux Wallons la vérité, le nationalisme flamand progresse inexorablement, et il faut être prêt », a souligné le chef du parti « Wallonie plus », Didier Melin, dans un débat télévisé.


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