Rechercher
Rechercher

Liban - Le Commentaire

Liban-Syrie : on en reste à un simple changement d’ambiance

Une page est tournée entre le Liban et la Syrie, entend-on couramment fredonner. Qu'en est-il vraiment ? Qu'est-ce qui a vraiment changé depuis la rencontre des présidents Michel Sleiman et Bachar el-Assad à Damas, le 13 août 2008 ?
Des observateurs avertis répondent immédiatement : pas grand-chose, le climat relationnel mis à part. Il n'est plus orageux, comme dans la phase antérieure, il n'y a plus d'échanges d'invectives. Une communication normale, policée est rétablie entre responsables des deux pays, qui entretiennent désormais des relations diplomatiques. Mais aucun des multiples problèmes du lourd contentieux entre les deux États, et a fortiori entre les deux pays, n'a encore été réglé. En fait, la plupart d'entre eux ne sont toujours pas abordés. C'est comme si les deux parties concernées préfèrent ne pas entamer des discussions pouvant tourner à la dispute et à la rupture. Dans ce même état d'esprit, il a été discrètement convenu que lors du réexamen des nombreux protocoles bilatéraux, sur base surtout de requêtes libanaises, on laisserait systématiquement de côté toutes les questions qui, après débat, resteraient litigieuses. Pour en reporter le règlement à un plus tard synonyme évident de jamais.
Ces accords iniques avaient été conclus sous la tutelle d'une Syrie qui en faisait exécuter ce qui lui convenait. Malgré son retrait militaire du Liban, la balance reste assez inégale, la mauvaise foi aidant, pour qu'elle en empêche l'abolition ou l'épuration. C'est ainsi qu'elle maintient, contre toute légalité institutionnelle ou constitutionnelle, ce Conseil supérieur mixte qui fait double emploi avec son ambassade à Beyrouth.
Sans compter qu'elle se sert d'un instrument encore plus puissant, le camp libanais du 8 Mars et ses alliés. Un cheval de Troie introduit au Liban, notamment à travers cette invention syrienne qu'est la formule de Doha, pour l'empêcher de parachever son indépendance, sa souveraineté et le rétablissement de son autorité sur l'ensemble du territoire national. Les opposants, grâce à la pression syrienne comme à l'armement du Hezbollah, sont devenus ministres. Ils contrôlent le pouvoir libanais par défaut, en empêchant la majorité issue des urnes de gouverner. Par le biais de cette règle inouïe, remplaçant avantageusement le tiers de blocage : toute décision doit être prise obligatoirement à l'amiable, en Conseil des ministres, sans recours au vote. Bonjour la démocratie, bonjour la liberté, matrices trahies d'un système parlementaire que le totalitarisme ne peut tout cependant ni comprendre ni tolérer. Un système qui, faut-il le souligner, est la seule vraie garantie contre la volonté permanente de la Syrie de considérer une partie du Liban comme constituant sa 19e province. On dira : mais la Syrie a reconnu le Liban, et elle a établi avec lui des relations diplomatiques. Sauf qu'en refusant le tracé des frontières, elle n'indique pas de quel Liban il s'agit au juste.
Une page est tournée entre le Liban et la Syrie, entend-on couramment fredonner. Qu'en est-il vraiment ? Qu'est-ce qui a vraiment changé depuis la rencontre des présidents Michel Sleiman et Bachar el-Assad à Damas, le 13 août 2008 ?Des observateurs avertis répondent immédiatement : pas grand-chose, le climat relationnel mis à part. Il n'est plus orageux, comme dans la phase antérieure, il n'y a plus d'échanges d'invectives. Une communication normale, policée est rétablie entre responsables des deux pays, qui entretiennent désormais des relations diplomatiques. Mais aucun des multiples problèmes du lourd contentieux entre les deux États, et a fortiori entre les deux pays, n'a encore été réglé. En fait,...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut