L’Inde, peuplée de près de 1,2 milliard d’habitants, doit encore accélérer le rythme de sa croissance si le pays veut lutter efficacement contre la pauvreté. Tengku Bahar/AFP
Les analystes s'attendent toutefois à ce que la Banque centrale laisse inchangés ses taux d'intérêt en raison de préoccupations liées à la situation dans la zone euro, craignant un « effet domino » sur l'économie mondiale.
Le produit intérieur brut de l'Inde sur l'année budgétaire 2009/10 achevée le 31 mars est légèrement supérieur aux 7,2 % attendus par le gouvernement, notamment grâce à une solide performance des secteurs de l'industrie et des services, selon les chiffres officiels publiés lundi.
Le secteur manufacturier a progressé de 10,8 % sur un an, celui de la construction et des infrastructures énergétiques a gagné 6,5 %, tandis que le secteur des transports et des communications a pris 9,3 %, selon les données du département national des statistiques.
« Je pense que l'impulsion économique devrait se maintenir », a commenté le ministre des Finances Pranab Mukherjee. Selon lui, la croissance devrait progresser de 8,5 % lors du prochain exercice se terminant fin mars 2011.
Contaminée par la dépression née aux États-Unis et en Europe en 2008, l'Inde avait vu sa croissance ralentir à 6,7 % en 2008/09, sa plus mauvaise performance en six ans. Les trois années précédentes, elle affichait une croissance insolente de 9 %.
Le Conseil économique du Premier ministre avait estimé dans un rapport publié en février que l'économie devrait croître de l'ordre de 8,2 % l'an prochain et retrouver l'année suivante son taux de croissance de 9 %. Le chiffre de 8,5 % pour l'an prochain avait ensuite été avancé par le gouvernement.
Sur le quatrième trimestre de l'exercice, de janvier à mars, la croissance a progressé de 8,6 % en glissement annuel, en net rebond par rapport au précédent trimestre (octobre à décembre) où le PIB avait progressé de 6,5 %, selon les chiffres révisés du gouvernement.
Le PIB avait progressé de 5,8 % sur un an au quatrième trimestre 2008/09.
Début février, le Fonds monétaire international (FMI) estimait que la Chine et l'Inde apportaient une « contribution significative » à la reprise mondiale. Selon le FMI, l'Inde a été l'une des premières économies à sortir de la crise.
L'Inde, peuplée de près de 1,2 milliard d'habitants, doit toutefois encore accélérer le rythme de sa croissance si le pays veut lutter efficacement contre la pauvreté et offrir du travail à la jeune population, a prévenu la semaine dernière le Premier ministre Manmohan Singh, qui vise un taux de 10 %.
Le gouvernement de centre gauche conduit par le Parti du congrès de Sonia Gandhi est par ailleurs confronté à une inflation galopante, qui était en avril de 9,59 % sur un an.
Or, si la Banque centrale a déjà augmenté de 50 points de base ses principaux taux d'intérêt en mars et avril, les analystes s'attendent à ce qu'elle opte pour le statu quo au cours des prochains mois en raison de préoccupations concernant la crise de la dette des pays européens et les incertitudes sur la qualité de la mousson à venir.
Ces deux questions « pourraient avoir un impact sur la croissance et la politique monétaire », juge Mridul Saggar, économiste à la maison de courtage Kotak Securities. « Si les problèmes en Europe se poursuivent, cela peut avoir un effet domino dans le monde et affaiblir encore une fois le commerce et la confiance des ménages », ajoute-t-il.

