Lorsque Krzysztof Kieslowski décide de réaliser en 1993 la trilogie « Bleu blanc rouge », le fond de toile de l'œuvre s'accompagne harmonieusement de la palette choisie.
Il est des rouges qu'on n'oublie pas. Le regard les saisit et les retient captifs. Que de carmins, que de vermeils, que de cramoisis, que de rouge cardinal, fuchsia, condensés, dilués, qui s'étalent, se dispersent en lavis sur la pellicule. Certes, les films d'horreur sont souvent sous le signe du rouge. Hémoglobine oblige. Mais il y en a deux qui retiennent notre attention et que nous ne sommes pas prêts d'effacer de notre mémoire. Carrie au bal du diable du maître Brian de Palma, à l'époque où la touche hitchcockienne était encore bien présente dans ses travaux. Carrie, alias Sissy Spaceck, dans sa robe immaculée blanche montant les marches de la scène où elle allait recevoir le suprême honneur de la couronne au bal de la « prom » (date importante chez les jeunes universitaires américains). Carrie, objet d'une sale blague de ses copains, souillée de sang, qui va se déverser sur elle en flots. Carrie, un symbole que de Palma a créé et habillé de rouge. Dans le registre des films d'horreur, s'inscrit aussi le Dracula de Coppola sur un fond toujours rougeâtre. Et une toute dernière œuvre mêlant sensualité et horreur, carnation et plaisir. Il s'agit de cet outsider The Perfume, adapté subtilement du film de Peter Süskind. Subtil alliage de rouge fraise lorsque pour traduire le malaise entre le fils (Malcom McDowell) et ses parents et l'univers différent dont ils sont issus, Stanley Kubrick, metteur en scène démiurge, habille le père d'une couleur rouge en harmonie avec les murs, alors que le fils est vêtu d'une teinte stricte. Là, le rouge est simplement langage, expression. Et que dire de ce Moulin Rouge de Baz Luhrmann qui baigne dans cette teinte jusqu'à l'engourdissement, ou encore de ce Volver aux couleurs « almodovariennes », qui regorgent de cette pigmentation hispanique ? Ou encore de ce Red Violin qui traverse les âges en charriant avec lui des histoires d'amour intemporelles, ou encore de la couleur rouge des cheveux de Franka Potente dans Run Lola Run (1998). Toutes ces couleurs déversées en flots et retenues dans ces milliers de roses qui couvrent le corps de la jeune actrice Mena Suvari dans American Beauty, créant à la fois cette sensation de beauté, de plaisir, mais aussi de malaise. Voilà un bouquet de sensations pour enflammer les cœurs et les esprits.
Il est des rouges qu'on n'oublie pas. Le regard les saisit et les retient captifs. Que de carmins, que de vermeils, que de cramoisis, que de rouge cardinal, fuchsia, condensés, dilués, qui s'étalent, se dispersent en lavis sur la pellicule. Certes, les films d'horreur sont souvent sous le signe du rouge. Hémoglobine oblige. Mais il y en a deux qui retiennent notre attention et que nous ne sommes pas prêts d'effacer de notre mémoire. Carrie au bal du diable du maître Brian de Palma, à l'époque où la touche hitchcockienne était encore bien présente dans ses travaux. Carrie, alias Sissy Spaceck, dans sa robe immaculée blanche montant les marches de la scène où elle allait recevoir le suprême honneur de la couronne au bal de la...
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