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Moyen Orient et Monde - Diplomatie

Pour Paris, le dossier du nucléaire iranien s’est quelque peu clarifié

Ahmadinejad critique la Russie pour son soutien aux sanctions contre l'Iran que Washington tente de faire voter par le Conseil de sécurité de l'ONU.
Le dossier du programme nucléaire iranien s'est paradoxalement quelque peu clarifié après l'accord Iran-Brésil-Turquie, au détriment de Téhéran, a jugé le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner après des entretiens avec les dirigeants turcs. À Istanbul, samedi, le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, lui a raconté en détail la négociation de dix-huit heures menée par sa délégation et celle du Brésil pour parvenir à un accord, lundi dernier, à Téhéran.
Cet accord, signé par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, le président brésilien Lula da Silva et le Premier ministre Recep Tayyep Erdogan, reprenait globalement une proposition faite en octobre par l'AIEA à l'Iran qui avait tergiversé et ne l'avait jamais acceptée, offrant le retraitement à l'étranger de 1 200 kg d'uranium iranien faiblement enrichi, en échange de 120 kg enrichi à 20 % pour un réacteur de recherche.
Or, a relevé le ministre français, deux développements ont eu lieu le lendemain de cet accord qui a eu le mérite de « clarifier un peu » la donne : « Je ne peux pas ne pas constater que le lendemain de la nuit où ils ont signé, il y a eu la déclaration iranienne sur la poursuite de l'enrichissement à 20 % et l'accord des cinq membres permanents du Conseil de sécurité sur le projet de résolution. » L'Iran, en confirmant la poursuite de l'enrichissement à 20 % en Iran même, a démontré une logique profondément contraire à sa volonté proclamée, en signant l'accord avec les Brésiliens et les Turcs, de rétablir la confiance internationale, observe-t-on de source française. D'autant plus que ses stocks d'uranium faiblement enrichi - évalués à quelque 2 400 kg - sont bien plus importants qu'en octobre, puisque les centrifugeuses n'ont cessé de tourner.
Parallèlement, a fait valoir M. Kouchner, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, divisés entre partisans de sanctions - France, États-Unis, Grande-Bretagne, et, depuis peu Russie - et la Chine, réticente à punir Téhéran, soutiennent désormais un projet de résolution unique, faisant front commun. Contrairement aux espérances iraniennes, Pékin n'a pas semblé juger crédible l'accord et est resté solidaire. L'adoption d'un train de sanctions - en juin peut-être - est désormais probable, même si trois membres non permanents (sur quinze membres du Conseil) devraient faire défaut (Brésil, Turquie, Liban). Que les Brésiliens et Turcs « aient eu raison ou tort, ils ont été bons », a commenté le ministre, relevant que Paris a toujours recommandé le dialogue et leur est reconnaissant.
Après Istanbul, M. Kouchner s'est rendu à Damas, hier, où il a rencontré le président syrien Bachar el-Assad. Les deux responsables ont évoqué le dossier nucléaire et le président Assad a souligné à ce propos « l'importance de l'accord » conclu entre la Turquie, le Brésil et l'Iran. « Les pays concernés devraient modifier leur approche concernant le programme nucléaire civil iranien, car cet accord constitue une occasion importante pour parvenir à une solution diplomatique et éviter à la région et au monde des conflits tragiques », a indiqué le président Assad à M. Kouchner.
De son côté, le président iranien qui a eu un entretien téléphonique avec M. Erdogan a affirmé au Premier ministre turc que son pays acceptait les clauses de l'accord d'échange d'uranium et qu'il allait en informer l'Agence internationale de l'énergie atomique. M. Ahmadinejad a affirmé voir dans cet accord « le début d'une nouvelle approche et d'une nouvelle atmosphère » pour le règlement de la crise sur son programme nucléaire, selon un communiqué. M. Erdogan a pour sa part conseillé à son interlocuteur que son pays « saisisse de la meilleure manière possible cette opportunité obtenue après d'intenses efforts diplomatiques », souligne le texte.
M. Ahmadinejad a parallèlement critiqué hier la Russie pour son soutien aux sanctions contre l'Iran. « Si j'étais à la place des responsables russes, j'aurais pris position en faisant plus attention », a déclaré à l'issue du Conseil des ministres le président iranien, selon l'agence de presse ISNA. « Nous attendions d'un pays voisin et ami (la Russie) de défendre la déclaration de Téhéran », a ajouté M. Ahmadinejad en référence à l'accord tripartite.
Le dossier du programme nucléaire iranien s'est paradoxalement quelque peu clarifié après l'accord Iran-Brésil-Turquie, au détriment de Téhéran, a jugé le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner après des entretiens avec les dirigeants turcs. À Istanbul, samedi, le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, lui a raconté en détail la négociation de dix-huit heures menée par sa délégation et celle du Brésil pour parvenir à un accord, lundi dernier, à Téhéran.Cet accord, signé par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, le président brésilien Lula da Silva et le Premier ministre Recep Tayyep Erdogan, reprenait globalement...
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