Chapeau moins bas, et même pas chapeau du tout, aux notables et responsables, représentants et figurants qui nous ont gratifiés de leurs discours contorsionnés, et pour cause, et hypocrites comme il se doit. L'opération, nous a-t-on dit, a été menée conjointement avec Chypre, l'île de beauté - comme si elle en avait besoin... - et d'autres pays de la région qui ressemblent au nôtre par leurs mœurs et habitudes, l'Égypte et la Syrie.
Les discours ont été de haut niveau. Pas plus haut cependant que le niveau de la mer, considéré par les géographes du monde entier comme le niveau zéro. Il a manqué à ces envolées lyriques et dithyrambiques des parenthèses personnelles, que le citoyen ordinaire n'a pas pu s'empêcher d'ajouter de temps en temps aux paroles de ces
officiels.
Exemples :
- Ne laissez pas gâcher ce pays ou le brader (à d'autres promoteurs que moi). Un message très clair, celui de notre volonté à garder nos (mes) côtes propres.
- Notre (mon) littoral appartient à nos (mes) enfants et doit être préservé pour l'avenir.
- Mon ministère allait bientôt adopter des décrets d'application (privatisation) nécessaires.
- Le caractère fédérateur (séparateur) de telles actions auprès des jeunes.
- De nettoyage sur toute l'année, et le « policier bleu » pour protéger la faune marine (le rapace foncier).
- Il fallait lutter contre la pollution (l'accaparement), la dégradation (l'appropriation illégale) et l'injustice (tiens !)...
Avec ces petits rajustements, le citoyen ordinaire s'est senti revigoré. Et ça ne lui a rien coûté.

