Lorsque Krzysztof Kieslowski décide de réaliser en 1993 la trilogie Bleu blanc rouge, le fond de toile de l'œuvre s'accompagne harmonieusement de la palette choisie. Cette fois, c'est le blanc qu'on aborde.
2001, une odyssée spatiale nimbée de blanc, de ce blanc saturé, sursaturé, assouvi de lumière jusqu'à l'éclatement. Aucun autre cinéaste à part Stanley Kubrick n'aurait pu donner cette impression de blanc d'éternité. En 1996, deux trublions de l'industrie cinématographique se sont pourtant attaqués à cette couleur. Le blanc glacial des frères Coen aura pour cadre le Minnesota, une région, disent-ils, où la neige est souvent au rendez-vous. Dans cette blancheur pâle où la brume ajoute cette sensation d'onirisme, la spirale de la violence et la dérive des sentiments achèveront de parfaire ce beau contraste. Contraste également pour Les Amants réguliers où le noir bien léché met en évidence la teinte blanche du film. Le blanc est la surface de tous les déchirements, de toutes les violences (filet de sang suintant sur le kimono blanc, également sur un tapis de neige immaculé de Lucy Liu dans Kill Bill (2003-2004). De toutes les amours Mémoires d'une Geisha (2005), mais aussi de toutes les enfances. Cette enfance volée que Peter Jackson a su porter à l'écran dans une palette de couleurs, mais surtout de blanc envahissant, aveuglant dans Lovely Bones (2009). Une autre innocence et pureté que le cinéaste Jafar Panahi (retenu de force en Iran et dans l'impossibilité de venir au Festival de Cannes cette année) a réussi à illustrer en 2005, avec l'écriture d'Abbas Kiarostami, dans ce fabliau à portée philosophique où seul un Ballon blanc accroché à quelques bouts de ficelle nous fait naviguer dans la culture persane inscrite depuis des siècles dans la poésie et les arts. Enfin, c'est au tour de Mikael Haneke de mettre en lumière le cadre dans lequel ont grandi les enfants d'avant-guerre. Dans ce merveilleux Ruban blanc, la castration, le désespoir de toute une génération sont brossés avec autant de finesse que d'aigreur toujours dans un cadre d'une blancheur intemporelle. « Dans le ciel, plus de problèmes », chantait la Môme. Oui, c'est dans ce ciel couleur vanille (Vanilla Sky de Cameron Crowe en 2001) que toutes les passions se diluent, que tout s'estompe et que l'ordre se rétablit. Dans une parfaite monochromie. Toute blanche.
2001, une odyssée spatiale nimbée de blanc, de ce blanc saturé, sursaturé, assouvi de lumière jusqu'à l'éclatement. Aucun autre cinéaste à part Stanley Kubrick n'aurait pu donner cette impression de blanc d'éternité. En 1996, deux trublions de l'industrie cinématographique se sont pourtant attaqués à cette couleur. Le blanc glacial des frères Coen aura pour cadre le Minnesota, une région, disent-ils, où la neige est souvent au rendez-vous. Dans cette blancheur pâle où la brume ajoute cette sensation d'onirisme, la spirale de la violence et la dérive des sentiments achèveront de parfaire ce beau contraste. Contraste également pour Les Amants réguliers où le noir bien...
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