Le FMI a, à deux reprises cette année, relevé ses prévisions de croissance mondiale. Mais pour lui, malgré cette amélioration des perspectives économiques, le redressement des finances publiques est insuffisant, et la tendance reste mal orientée. La dette publique moyenne des pays du G20 passerait ainsi de 76,6 % du produit intérieur brut en 2010 à 82,2 % en 2014. Dans les pays les plus avancés du G20, cette moyenne passerait de 104,4 % en 2010 à 115,5 % en 2014. « Même si l'activité mondiale est en train de rebondir plus vite que projeté auparavant, les perspectives budgétaires ne s'améliorent pas dans les mêmes proportions », a déploré le FMI. « Des niveaux élevés d'endettement public pourraient peser sur la croissance économique pendant des années », a-t-il ajouté. Il estime que si les pays développés ne reviennent pas au niveau de dette d'avant la crise de 2008-2009, leur potentiel de croissance « pourrait être diminué de plus de 0,5 % par an, un effet tout à fait considérable lorsqu'il se cumule sur plusieurs années ». Alors qu'en novembre le Fonds entrevoyait une réduction du déficit budgétaire de l'équivalent de 8 % du PIB pour les pays développés sur les vingt prochaines années, il a porté cet objectif à 8,75 %. Cela exigera des choix compliqués. « Il faudra qu'il y ait un consensus politique suffisant bien entendu dans la mise en œuvre de ces mesures qui sont difficiles, mais cela s'est déjà produit par le passé », a expliqué M. Cottarelli. Le FMI a rappelé la stratégie qu'il conseille : réduire les dépenses par habitant (hors effet du vieillissement) et réformer la fiscalité pour « lever des recettes supplémentaires d'une manière efficace et équitable ». Certains conseils sont valables pour tous, comme limiter, voire geler la progression des salaires de la fonction publique, ou taxer davantage l'immobilier. D'autres diffèrent en fonction des situations particulières. En Europe, le FMI voit la majorité de l'effort dans les dépenses sociales, en éliminant par exemple toutes les incitations à la surconsommation de soins. Il suggère de reculer l'âge de la retraite de deux ans. Aux États-Unis, les taxes sur l'essence pourraient être relevées de 30 cents, et une TVA fédérale devrait être créée, avec un taux suggéré à 10 %. Au Japon, où cette TVA est très basse, elle pourrait être doublée.
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Dette publique : le FMI lance un appel à l’action
OLJ / le 15 mai 2010 à 00h29
Le FMI a, à deux reprises cette année, relevé ses prévisions de croissance mondiale. Mais pour lui, malgré cette amélioration des perspectives économiques, le redressement des finances publiques est insuffisant, et la tendance reste mal orientée. La dette publique moyenne des pays du G20 passerait ainsi de 76,6 % du produit intérieur brut en 2010 à 82,2 % en 2014. Dans les pays les plus avancés du G20, cette moyenne passerait de 104,4 % en 2010 à 115,5 % en 2014. « Même si l'activité mondiale est en train de rebondir plus vite que projeté auparavant, les perspectives budgétaires ne s'améliorent pas dans les mêmes proportions », a déploré le FMI. « Des niveaux élevés d'endettement public pourraient peser sur la croissance économique pendant des années », a-t-il ajouté. Il estime que si les pays développés ne reviennent pas au niveau de dette d'avant la crise de 2008-2009, leur potentiel de croissance « pourrait être diminué de plus de 0,5 % par an, un effet tout à fait considérable lorsqu'il se cumule sur plusieurs années ». Alors qu'en novembre le Fonds entrevoyait une réduction du déficit budgétaire de l'équivalent de 8 % du PIB pour les pays développés sur les vingt prochaines années, il a porté cet objectif à 8,75 %. Cela exigera des choix compliqués. « Il faudra qu'il y ait un consensus politique suffisant bien entendu dans la mise en œuvre de ces mesures qui sont difficiles, mais cela s'est déjà produit par le passé », a expliqué M. Cottarelli. Le FMI a rappelé la stratégie qu'il conseille : réduire les dépenses par habitant (hors effet du vieillissement) et réformer la fiscalité pour « lever des recettes supplémentaires d'une manière efficace et équitable ». Certains conseils sont valables pour tous, comme limiter, voire geler la progression des salaires de la fonction publique, ou taxer davantage l'immobilier. D'autres diffèrent en fonction des situations particulières. En Europe, le FMI voit la majorité de l'effort dans les dépenses sociales, en éliminant par exemple toutes les incitations à la surconsommation de soins. Il suggère de reculer l'âge de la retraite de deux ans. Aux États-Unis, les taxes sur l'essence pourraient être relevées de 30 cents, et une TVA fédérale devrait être créée, avec un taux suggéré à 10 %. Au Japon, où cette TVA est très basse, elle pourrait être doublée.

