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Économie - Liban - Rencontre

Raya el-Hassan : La privatisation reste une option envisageable

Au cours d'une réunion hier avec des représentants du secteur privé, axée sur le partenariat public-privé, la ministre des Finances a assuré que ce partenariat n'était pas le choix unique de l'État pour assainir ses finances et contribuer à une plus forte croissance. Elle a, par ailleurs, indiqué que malgré les pronostics « optimistes » tablant sur une croissance de 6 à 7 % cette année au Liban, le ministère s'attendait à une hausse de 4,5 % du PIB en 2010.
À la veille de la discussion du projet de budget 2010, qui sera au menu de la réunion aujourd'hui du Conseil des ministres, la ministre des Finances, Raya el-Hassan, a encore une fois défendu son projet, le qualifiant de la « formule la plus adéquate » dans le contexte actuel. Ces propos ont été tenus hier au cours d'une réunion entre la ministre et une délégation du secteur privé qui a eu lieu à la Chambre de commerce, d'industrie et d'agriculture de Beyrouth (CCIAB), en présence du président de la Chambre, Mohammad Choucair, et d'autres représentants du secteur privé.
Raya el-Hassan a souligné à cet égard l'importance de la hausse des dépenses d'investissement, prévue dans le projet, pour la croissance économique du pays, ajoutant que les budgets des divers ministères ont été revus à la baisse au cours des rounds de négociations afin d'éviter un plus grand dérapage au niveau des finances publiques.
Ceci n'a toutefois pas empêché une détérioration au niveau du déficit, celui-ci devant atteindre plus de quatre milliards de dollars à la fin de 2010, selon les estimations du projet, contre trois milliards de dollars un an plus tôt. En effet, de nombreux observateurs reprochent à l'État de ne pas avoir pris des mesures fiscales pouvant conjurer la hausse substantielle des dépenses publiques (qui devront augmenter de 16,1 % en 2010), notamment face à une croissance beaucoup moins soutenue des recettes (+8,5 %).
À ce sujet, la ministre des Finances s'est montrée sceptique hier vis-à vis de l'exclusion, in extremis, de la hausse de la TVA du projet de budget (celle-ci devait passer de 10 à 12 %), soulignant que cette proposition, incluse dans le programme économique de Paris III, n'était pas complètement infondée à l'époque où elle avait été évoquée. Elle a rappelé à cet égard que cette mesure avait été écartée pour des raisons sociales, ajoutant que d'autres propositions avaient été examinées, dont la hausse de 5 à 7 % sur l'épargne bancaire, qui a fini par figurer dans la mouture finale du projet de budget. « Notre but était de prendre en compte les considérations sociales sans pour autant nous éloigner de la voie des réformes amorcées il y a deux ans (...). Nous avons déjà réussi à réduire le ratio de la dette au PIB à 147 % et avons bénéficié d'excédents exceptionnels au niveau de la balance des paiements (...). C'est dans cette optique que la hausse de la TVA avait été proposée », a-t-elle poursuivi.
La modernisation de l'infrastructure, une nécessité
Toujours au niveau du projet de budget, la ministre des Finances a souligné l'objectif primordial de ce projet, visant notamment à augmenter les dépenses d'investissements, reléguées jusque-là au second plan en raison du poids des dépenses de fonctionnement et du service de la dette. Celles-ci devront en effet atteindre 1,35 milliard de dollars cette année, selon le projet soumis, contre moins de 550 millions de dollars en 2009. « La croissance enregistrée au cours des deux dernières années était certes importante mais elle n'a pas contribué au développement de manière optimale, encore moins à la création de nouveaux emplois, et ce en raison des nombreuses failles existant sur le plan de l'infrastructure. Or pour permettre à l'économie d'atteindre son optimum, il faut avant tout s'attaquer aux problèmes structurels et moderniser l'infrastructure du pays », a-t-elle insisté, faisant notamment allusion à l'Électricité du Liban (EDL) et au déficit énergétique, estimé à plus de 600 mégawatts.
Selon la ministre des Finances, remédier à toutes ces failles sur le plan infrastructurel ne peut toutefois avoir lieu sans l'implication du secteur privé. « C'est pourquoi nous avons proposé de dynamiser les relations entre les deux secteurs, à travers l'élaboration d'un projet de loi sur le partenariat public-privé (PPP) », a-t-elle souligné. Celui-ci a déjà été soumis aux commissions parlementaires et devrait bientôt être discuté en Conseil des ministres. « Le choix du PPP ne signifie pas que nous avons abandonné l'option de privatisation, qui reste une des options envisageables », a-t-elle conclu.

Le secteur privé s'engage à soutenir l'État
De son côté, le président de la CCIAB, Mohammad Choucair, a assuré, dans son allocution, que le secteur privé était prêt à soutenir l'État dans sa démarche visant à améliorer l'infrastructure des secteurs-clés de l'économie. « Nous nous engageons à soutenir le gouvernement, d'autant que ce dernier s'est consacré prioritairement à améliorer la situation économique locale et à instaurer un climat propice aux investissements » a-t-il ainsi déclaré. Critiquant par ailleurs la mauvaise gestion des dépenses étatiques et ses répercutions négatives sur l'économie, M. Choucair a toutefois tenu à exprimer sa satisfaction quant à l'importance accordée aux dépenses d'investissements dans le plan proposé par Mme el-Hassan. Il s'est également félicité de l'initiative prise par l'État d'encourager le partenariat public-privé, affirmant que cette direction était « la plus courte et la plus efficace » car elle apportait des solutions concrètes aux problèmes handicapant la croissance économique locale, notamment en matière d'infrastructure. M. Choucair a enfin réitéré son optimisme envers l'avenir économique du pays, déclarant que le temps des impositions axées sur le court terme était révolu. Aujourd'hui, « ce sont les politiques fondées sur le long terme et sur des études scientifiques prenant en considération les besoins du pays et les intérêts de ses secteurs économiques » qui priment, a-t-il conclu.
Par ailleurs, la fin de cette conférence a été marquée par un débat, qui a notamment porté sur le plan budgétaire et la croissance économique. À cet égard, la ministre el-Hassan a déclaré que l'adoption de son plan ne devrait pas a priori rencontrer d'obstacles. Elle a en outre dit s'attendre à une croissance de 4,5 % en 2010 « en dépit des prévisions plus optimistes (6 a 7 %) émises par la plupart des experts » a-t-elle ajouté.
À la veille de la discussion du projet de budget 2010, qui sera au menu de la réunion aujourd'hui du Conseil des ministres, la ministre des Finances, Raya el-Hassan, a encore une fois défendu son projet, le qualifiant de la « formule la plus adéquate » dans le contexte actuel. Ces propos ont été tenus hier au cours d'une réunion entre la ministre et une délégation du secteur privé qui a eu lieu à la Chambre de commerce, d'industrie et d'agriculture de Beyrouth (CCIAB), en présence du président de la Chambre, Mohammad Choucair, et d'autres représentants du secteur privé.Raya el-Hassan a souligné à cet égard l'importance de la hausse des dépenses d'investissement, prévue dans le...
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