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Nos lecteurs ont la parole

II - Crucifiez-la !

P. Mansour LABAKY
Pourquoi en fait cet acharnement contre le pape ? Simplement parce qu'il dérange et bouscule, exactement comme le Christ. Il est dans le monde sans être du monde, donc le monde le hait. Le Christ ne se trompe pas et ne nous trompe pas : « Comme on m'a persécuté, ils vous persécuteront. » (voir L'Orient-Le Jour du mercredi 12 mai 2010).
Benoît XVI est pour la vie : contre la culture de mort, contre l'avortement, contre l'euthanasie. Le nombre de catholiques continue à augmenter sous son pontificat. Il ne se plie pas aux desiderata d'un monde qui veut faire de l'Église une sorte de « salad bar », comme disait feu le cardinal O'Connor. Un buffet où chacun choisit le plat de son goût. Le pape ne fait pas de « soldes » sur la foi ou les mœurs. Il n'est pas libre de le faire. Le Christ lui a confié le dogme de la foi dont il est dépositaire. Le pape ne peut donc l'altérer ou le transformer pour faire plaisir, pour être dans le vent ou augmenter le nombre d'adhérents.
 Aux détracteurs de l'Église, à l'affût de la moindre faille pour la discréditer en criant comme Voltaire « écrasons l'infâme ! », je pose naïvement ces questions :
- Si la robe de ma mère est tachée, dois-je renier ma mère ou nettoyer la tache ?
- Si l'air est vicié quelque part, suis-je condamné à ne plus respirer ?
- Si dans un groupe quelqu'un en buvant de l'eau avale de travers, dois-je ne plus servir d'eau aux autres ?
- Si dans un pays quelqu'un commet un crime, cela devrait-il pousser le peuple à demander la démission du chef de l'État ?
- Judas a vendu Jésus. Devons-nous nous acharner contre Jésus ?  
- Le mal fait plus de bruit que le bien. On entend bien un arbre qui tombe, mais la forêt qui pousse en silence, l'entendez-vous ?
- L'eau existe bien depuis des millions d'années, n'y a-t-il pas toujours des gens sales ?
- L'odeur nauséabonde s'échappant de l'égout d'une rue devrait-elle faire oublier les senteurs des jardins de cette même rue ?
Jésus a promis de nous sauver de la noyade, comme Il a sauvé Pierre, à condition que nos regards soient dirigés vers Lui et non pas vers nous-mêmes. Non, la barque de Pierre, malgré tous les vents contraires, ne sombrera pas. Elle restera secouée par les tempêtes tout en maintenant le cap, mais les portes de l'Enfer ne prévaudront pas contre elle. Tel est le parcours de tout chrétien : être passager à bord d'une barque sans cesse ballottée par une mer agitée.
Il y a des pécheurs dans l'Église, bien sûr. Si chacun se regardait en vérité, il verrait que dans son cœur sont entremêlés à la fois le bon grain et l'ivraie. En chacun de nous sommeille un grand pécheur capable de toutes les turpitudes et un grand saint capable d'être selon le cœur de Dieu. Me vient à fleur de mémoire, ce dialogue entre saint François de Sales et l'un de ses amis qui lui disait :
- François, Untel dit beaucoup de mal de toi...
- Ah, s'il me connaissait autant que Dieu me connaît, il en dirait bien davantage !
C'est à chacun de choisir, sachant que le secours de Dieu - la Grâce - ne manque jamais à celui qui en fait la demande. C'est comme la fontaine prête à étancher notre soif, à condition d'avancer vers elle et de tendre notre jarre. Dans les liturgies orientales, à l'élévation des offrandes, le prêtre dit : « Les choses saintes sont données aux saints, dans la pureté, la perfection et la sainteté. »
Pour les yeux purs, tout est pur. Mais, pour celui qui a la jaunisse tout est jaune.
Permettez-moi de faire de ma conclusion une promesse de prière :
- pour les victimes, afin que justice leur soit rendue ;
- pour les coupables et les auteurs du scandale : ils font aussi partie du corps de l'Église puisqu'ils sont baptisés comme d'ailleurs l'étaient certains grands criminels de l'histoire : Hitler, Lénine, Staline. Un Père de l'Église a dit d'elle qu'elle est tout à la fois sainte et pécheresse ;
- pour les journalistes, afin qu'ils n'aient que le souci de la seule vérité et le courage de la proclamer. Ils devraient, de par leur mission, leur éthique et leur dignité, se montrer d'une objectivité exemplaire et dire le nombre des prétendues victimes qui se sont rétractées en avouant qu'elles avaient agi pour l'argent, poussées par des « cercles » qui ont adopté comme devise la formule avec laquelle on a tué l'Innocent, un certain vendredi saint à 15h00 : « Nous ne voulons pas qu'Il règne sur nous. Crucifiez-le. »
Je n'oublie pas le visage du cardinal Bernardin, archevêque de Chicago, quand il a été accusé d'avoir eu des gestes suggestifs envers un ancien séminariste. Il a fallu que se déclare subitement un cancer dans le corps de ce saint cardinal, pour que jaillissent le repentir et l'aveu public de l'accusateur en larmes étalant toute la manipulation dont il avait été l'objet et demandant pardon à l'homme d'Église.
- J'élève aussi et surtout des prières d'action de grâce et de reconnaissance, en cette année dédiée au saint curé d'Ars, patron de tous les prêtres du monde, pour tous les saints sans lesquels nous n'aurions jamais pu goûter au ciel sur la terre. Je pense nommément à ceux qui ont donné à l'Europe son âme et sa culture : les saints Benoît, Thomas d'Aquin, François d'Assise, Dominique, Bonaventure, Antoine de Padoue, Ignace de Loyola, Jean de la Croix, Thérèse d'Avila, Vincent de Paul, François de Sales, Thérèse de Lisieux, Bernadette, le curé d'Ars...
Que serait le monde sans les millions de prêtres qui ont été fidèles jusqu'à l'extrême du don ? Si les prêtres devaient aujourd'hui démissionner à cause du péché de quelques-uns de leurs frères, les 11 apôtres auraient dû tout envoyer promener à cause de la trahison de Judas ! Pourtant, même parmi ceux qui ont l'Église en aversion, certains pourraient avoir besoin, dans un ultime sursaut leur rappelant la foi de leur enfance ou tel le bon larron saisi par la grâce au seuil du dernier voyage, de faire appel à un prêtre pour les assister lors de leur passage vers l'autre rive. Le prêtre, qui qu'il soit, est seul, en effet, à pouvoir lever un coin du voile qui nous cache le ciel. Il nous permet de choisir la certitude malgré le mystère au lieu de l'absurde.
Merci, très Saint-Père, de nous montrer, tout en charité et en douceur, le chemin de la victoire du bien sur le mal et de rester, envers et contre tout, le garant de la vérité, de la justice, de l'humilité et de l'espérance, qui est la vertu des forts.

P. Mansour LABAKY

Pourquoi en fait cet acharnement contre le pape ? Simplement parce qu'il dérange et bouscule, exactement comme le Christ. Il est dans le monde sans être du monde, donc le monde le hait. Le Christ ne se trompe pas et ne nous trompe pas : « Comme on m'a persécuté, ils vous persécuteront. » (voir L'Orient-Le Jour du mercredi 12 mai 2010).Benoît XVI est pour la vie : contre la culture de mort, contre l'avortement, contre l'euthanasie. Le nombre de catholiques continue à augmenter sous son pontificat. Il ne se plie pas aux desiderata d'un monde qui veut faire de l'Église une sorte de « salad bar », comme disait feu le cardinal O'Connor. Un buffet où chacun choisit le plat de son goût. Le pape ne fait pas de...
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