Les capitaux affluant vers le Liban au cours des trois premiers mois de l'année ont en tout cas permis non seulement de combler le déficit commercial du Liban, qui s'est creusé de 44 % fin mars, mais de générer également un excédent d'environ un milliard de dollars au niveau de la balance des paiements - un niveau jamais atteint auparavant.
Ce niveau exceptionnel reflète ainsi la confiance des expatriés libanais et des investisseurs étrangers dans le système financier libanais. Rappelons à cet égard que les capitaux en provenance de l'étranger comprennent notamment les transferts d'émigrés, les Investissements directs étrangers (IDE) et les dépenses des touristes au Liban.
Notons également que, dans son dernier rapport, le Fonds monétaire international (FMI) a prévu une hausse des transferts de la diaspora et des IDE en 2010, à la lumière de la reprise économique dans la région et dans le monde.
Un excédent de la balance des paiements à 978 millions de dollars
Au niveau de la balance des paiements, l'excédent s'est ainsi élevé à 978,1 millions de dollars, contre 297,7 millions de dollars au premier trimestre de 2009 et un déficit de 213,9 millions de dollars fin mars 2008.
Cet excédent est le résultat d'une augmentation de 1,78 milliard de dollars des avoirs nets en devises de la Banque du Liban (BDL), ayant largement contrebalancé la baisse de 800 millions de dollars de ces avoirs auprès des banques et institutions financières.
L'évolution de la balance des paiements au Liban est d'autant plus appréciable que la balance courante - une des composantes de la balance des paiements - devrait se creuser à 4,7 milliards de dollars en 2010, soit 12,8 % du PIB, selon le FMI. Le creusement prévu du déficit de la balance courante découlerait notamment de la hausse de la valeur des importations du pays, à l'ombre d'une demande locale soutenue et d'une nouvelle hausse du prix du pétrole, ajoute le rapport. Cette détérioration de la balance courante devrait continuer toutefois à être compensée par le fort excédent au niveau de la balance des capitaux, permettant ainsi à la Banque centrale de consolider sa base de réserves internationales.
Par ailleurs, rappelons que la résilience du système bancaire libanais à la crise mondiale et l'amélioration du climat politique ont poussé l'agence de notation Moody's à relever récemment la note des obligations du gouvernement libanais de B2 à B1.

