« Papa, pourquoi sommes-nous de l'Atleti ? » demandait innocent un petit garçon à l'arrière d'une voiture dans une publicité pour la campagne d'abonnements du club en 2001-2002.
Le père, pensif, ne répondait rien, jetant même un petit regard de défi à son fils dans le rétroviseur. « Ce n'est pas facile à expliquer mais c'est quelque chose de très, très grand », pouvait-on lire en lettres blanches sur fond noir à la fin du spot.
La phrase du petit garçon est régulièrement reprise pour brocarder le deuxième grand club de Madrid, neuf fois champion d'Espagne, qui tente d'exister tant bien que mal à côté de son voisin, plus puissant financièrement et beaucoup plus titré : le Real Madrid.
L'Atletico est présenté comme le club populaire de Madrid, loin des fastes du Real, avec ses stars et son stade ultramoderne.
Souvenir noir
L'Atletico est pourtant loin d'être un club pauvre, avec un budget de 130 millions d'euros en 2009.
Mais le club « colchonero » est devenu indigent en titres depuis son retentissant doublé Liga-Coupe du Roi en 1996.
Surtout, il déçoit profondément en Liga, saison après saison, malgré des noms ronflants recrutés. Cette année, avec pourtant Forlan, Agüero et Simao, il n'est que 9e, à 13 points de la 4e place.
Heureusement, le club, entraîné par Quique Sanchez Flores depuis le renvoi d'Abel Resino, peut sauver sa saison et sa réputation avec l'Europa League mais aussi la Coupe du Roi, avec une finale à jouer le 19 contre Séville.
Depuis sa remontée en 2002, après sa descente aux enfers en 2000 (19e place en Liga), l'Atletico n'a jamais été mieux classé que 4e (2008 et 2009). Sur la scène européenne, il a aussi traîné son image de « loser », malgré un succès dans l'ancienne Coupe des coupes (1962). S'il a laissé échapper une autre C2 en 1986, il a surtout fait parler de lui en perdant la C1 en 1974 face au Bayern Munich. Repris à la 120e minute en prolongation (but de Schwarzenbeck après l'ouverture du score d'Aragones, 117e), la finale avait dû être rejouée. Et il ne l'avait pas supporté : défaite 4-0 au second match.
À Hambourg contre Fulham, l'Atletico voudra aussi faire oublier ce souvenir noir.


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