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Liban - Le Commentaire

1701 : la communauté internationale commence à s’impatienter

Sortant d'un entretien avec le président Saad Hariri, le ministre italien de la Défense, Ignacio La Russa, réclame « une zone totalement exempte d'armes illégales au Liban-Sud, particulièrement au sud du Litani ». Il réitère « le ferme attachement de l'Italie à l'exécution de la 1701. » Un message qui répercute, sans aucun doute, l'avis de toutes les capitales qui, comme Rome, contribuent à la Finul.
C'est que la communauté internationale, au vu d'une situation régionale virtuellement explosive, notamment à l'approche d'une nouvelle volée de sanctions contre l'Iran, commence à lorgner avec inquiétude du côté des va-t-en-guerre potentiels. Netanyahu, d'un côté, certes, et Washington s'emploie à le calmer. Mais, surtout, le Hezbollah, car seul Téhéran, et, à un moindre degré en matière d'hostilités armées, Damas peuvent influencer ses décisions. D'où les propos de La Russa, qui restent bien dosés. On aura en effet noté que ce qu'il demande, ce n'est pas le désarmement pur et simple du Hezb, question laissée diplomatiquement à un traitement libanais interne, mais la suppression de ses points de chute militaires en zone méridionale prohibée par la 1701. Des dépôts d'armes, ou des casernements, non déclarés mais qui ne sont un secret pour personne. Surtout après les deux accidents d'explosions survenus il y a quelques mois, l'affaire de Kherbet Selm et les agressions contre les Casques bleus. En sus des manigances imputées, à ce sujet, par le Liban à Israël, dans une lettre à Ban Ki-moon, et des transgressions israéliennes quotidiennes, par des survols notamment, de la 1701.
Vingt-quatre : c'est, à ce jour, le nombre de rapports semestriels établis par le secrétariat général, nommément par son chargé de mission, Terjé Roed-Larsen, sur l'application de la 1701. Cela fait donc quatre ans pleins que cette résolution du Conseil de sécurité a été publiée. Et elle reste encore lettre morte dans sa majeure partie.
Ainsi, sur la ligne bleue, il n'y a toujours, de fait, qu'un arrêt des confrontations militaires directes. Sans cet accord de cessez-le-feu total prévu dans la 1701, en vue du rétablissement de la convention d'armistice de 1949, dite de Rhodes.
Juridiquement, le Liban accuse un déficit certain. En quatre ans, il n'a pas été en mesure, au contraire même, de verrouiller ses frontières avec la Syrie ainsi que le littoral ou les aéroports, comme le Conseil de sécurité l'exige, pour mettre un terme à l'afflux d'armes et d'équipements illicites destinés à la Résistance. En quatre ans, pour revenir aux fondements de la 1701, le Liban n'a pas été capable de s'imposer comme État digne de ce nom, étendant sa souveraineté, sa loi et son autorité à l'intégralité du territoire.
Rappelons que, visitant le Liban après la promulgation de la 1701, le précédent secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, soulignait déjà « la nécessité d'établir une zone démilitarisée, ou désarmée, au Sud, pour que l'arrêt des confrontations militaires se transforme en cessez-le-feu ». Et pour que soient appliquées toutes les prescriptions du pacte de Taëf, notamment en ce qui concerne le désarmement et la dissolution de toutes les milices, afin de consolider l'unité nationale libanaise. Objectif qui ne peut être garanti sans stricte protection des frontières libanaises. Le Liban doit donc s'y employer. Mais tous les États doivent respecter cette décision du Conseil de sécurité qui frappe d'embargo toute livraison d'armes, en contrebande frontalière, en territoire libanais. De plus, il ne doit pas y avoir de tentatives d'armement.
Et Kofi Annan de conclure, avec réalisme : « Ne nous berçons pas d'illusions. Le désarmement ne peut pas se faire par la force. Regardez autour de vous, et lisez bien l'histoire. Il existe tant de cas de groupements qui avaient été armés et qui se retrouvent (cohabitant) au sein de gouvernements libres. »
Dès le départ, donc, la communauté internationale a accepté que les Libanais traitent le désarmement entre eux. À travers des arrangements, genre intégration à l'armée. Mais il n'a jamais été question de leur permettre de gommer le sujet, comme les prosyriens l'exigent, en refusant d'en discuter à la table de dialogue national. Il est évident que les menaces pesant sur la paix régionale vont porter, tôt ou tard, le Conseil de sécurité à développer des efforts précis, sanctions ou autres pressions, pour faire compléter l'application de la 1701, de la 1559 et de la 1680 qui porte sur le tracé des frontières entre le Liban et la Syrie.
Sortant d'un entretien avec le président Saad Hariri, le ministre italien de la Défense, Ignacio La Russa, réclame « une zone totalement exempte d'armes illégales au Liban-Sud, particulièrement au sud du Litani ». Il réitère « le ferme attachement de l'Italie à l'exécution de la 1701. » Un message qui répercute, sans aucun doute, l'avis de toutes les capitales qui, comme Rome, contribuent à la Finul.C'est que la communauté internationale, au vu d'une situation régionale virtuellement explosive, notamment à l'approche d'une nouvelle volée de sanctions contre l'Iran, commence à lorgner avec inquiétude du côté des va-t-en-guerre potentiels. Netanyahu, d'un...
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