Elle place un peu plus en posture de faiseurs de roi les libéraux-démocrates de Nick Clegg, qui ont clairement entre les mains le choix du vainqueur. En s'alliant au Labour délesté de M. Brown, ils permettraient aux travaillistes de décrocher un quatrième mandat historique. En scellant un accord avec les conservateurs, ils porteraient au pouvoir David Cameron, le plus jeune Premier ministre jamais désigné au Royaume-Uni, mettant fin à 13 ans de traversée du désert conservateur.
M. Brown, qui pourrait rester aux commandes de façon transitoire en cas d'accord avec les Lib Dems, est perçu comme un obstacle à la formation d'un gouvernement de coalition avec le petit parti de centre gauche, en raison de son impopularité et de dissensions personnelles avec M. Clegg. Les deux hommes se sont pourtant rencontrés en secret à deux reprises, dimanche et lundi, alors que les négociations à huis clos entre les libéraux-démocrates et les conservateurs paraissaient progresser favorablement.
« En tant que chef de parti, je dois accepter qu'il y ait un jugement sur moi », a déclaré M. Brown avec un ton particulièrement solennel, en demandant la mise en œuvre « des processus nécessaires » pour sa succession, avant la traditionnelle conférence annuelle du Labour, prévue du 26 au 30 septembre à Manchester. M. Brown, qui a pris la succession de Tony Blair en 2007 sans passer par la case élection, a survécu à plusieurs putschs au sein du Labour. Depuis plusieurs jours, des voix s'élevaient pour exiger sa démission.
À en croire le Premier ministre, les deux processus de négociations se poursuivront en parallèle dans les jours à venir, laissant entrevoir un suspense durable. La date butoir pour la constitution d'un gouvernement est fixée au 25 mai, jour où la reine doit prononcer devant le nouveau Parlement le discours-programme du gouvernement.
Hier, en fin d'après-midi, les libéraux-démocrates avaient provoqué une première surprise en demandant des « clarifications » aux Tories, sur les thèmes de la fiscalité, de l'éducation et de la réforme du scrutin électoral, en réclamant qu'une oreille attentive continue à être prêtée aux propositions avancées par les travaillistes. Chez les Tories, une même suspicion existe à l'égard des positions des Lib Dems, plus europhiles, accusés de « laxisme » sur l'immigration, et partisans d'une réforme du mode de scrutin qui révulse la majorité des conservateurs.
David Cameron et Nick Clegg, le chef des libéraux-démocrates, avaient rendez-vous hier avec les instances respectives de leur parti, pour tenter de vendre les compromis nécessaires à l'établissement d'une plate-forme commune, qui font grincer des dents de part et d'autre.


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