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Culture - Exposition

Heureux et nobles « pahlavans » de Khosrow HassanZadeh

Il a un regard scrutateur et scanneur envers la société iranienne dont il est issu. Khosrow HassanZadeh, qui expose une dizaine de mégatoiles (2mx2m) aux cimaises de la galerie Janine Rubeiz à Raouché, plonge dans le monde des lutteurs traditionnels iraniens.

Un peintre qui fait éclater son inspiration en toute liberté. (Michel Sayegh)

Ces «pahlavans» que la foule affectionne pour leur connaissance et générosité, et que le système, tout comme celui du chah ou des mollahs, a mis sous le boisseau ou garde en coulisses.
Cigarettes qui ne s'éteint presque pas, cheveux sel et poivre coupés ultracourts, yeux noirs pétillants d'intelligence, voix grave des fumeurs, Khorsow (depuis plus de 3500 ans, c'était le nom d'un roi farsi) HassanZadeh n'est pas à sa première exposition à Beyrouth.
Chiisme affiché avec éclat dans sa peinture, de formulation moderne, tout en gardant ses attaches à la tradition et aux valeurs ancestrales du pays des Perses. Avec un évident parti pris pour la révolte, la contestation et une franche ouverture vers la liberté.
Après avoir jeté un regard analytique, empreint aussi de poésie, de couleurs, de compassion et de mansuétude, mais non sans virulence ou remarques picturales acerbes sur la Achoura, la guerre, les prostituées et le terrorisme, ce peintre rompu à la tâche de peindre depuis plus de vingt ans et qui a refusé le carcan des formations académiques conventionnelles à Téhéran fait éclater son inspiration en toute liberté, non sans quelque impertinence, rébellion, un sens remarquable de la fantaisie, et une conception inédite des associations des images et des idées. Tout en gardant à la plastique son intrinsèque valeur de beauté unissant tradition et modernité.
Ses tableaux sont au British Museum de Londres, à la World Bank à Washington DC, au Kit Tropmuseum d'Amsterdam et au Musée d'art contemporain de Téhéran. C'est dire l'appréciation universelle de son talent.
Pour en revenir aux «pahlavans» (à ne pas confondre avec le terme arabe de «bahlawan», ce qui serait se tromper absolument de voie), l'artiste les représente, telle une photo en noir et blanc, posant torse et pieds nus, à côté d'une brochette de personnages un peu empesés. Personnages jaillis de toutes les strates de la société iranienne, en costumes à boutonnière et coiffe avec, pour fond de décor, des lettres éparses de «Ali madad», ces louanges ou prières à intercessions, répétitives et scandées comme une inlassable litanie.
Tableau d'ensemble un peu amidonné, vaguement entre kitsch et surréalisme, où tous les «actants» regardent droit dans l'œil de la caméra, avec un sourire figé ou des attitudes pontifiantes.
Curieux mélange d'originalité où dorures, couleurs vives très «bariolées» pour les ultrafanatiques (turquoise phosphorescent, violet et mauve violents, orange grenat, vert intense, bleu indigo), lettres dansantes et divers personnages comme échappés à un album jauni un peu par le temps cohabitent en toute sereine harmonie bigarrée.
Fantomatique réunion sur papier kraft cimentée par l'acrylique, les mixed médias et les calligraphies jonglant tels des confettis en savantes acrobaties et arabesques en farandoles dans l'espace.
En se rapprochant par leur connaissance et leur humilité des derviches soufis, ces lutteurs, ces «pahlavans» sont aimés de la foule. Leur combat spectaculaire attire toujours un public nombreux et enthousiaste. Et c'est ce danger de rassemblement et de joie (oui, le plaisir et la joie effraient certains) terrorise les autorités. Des autorités qui ne laissent pas à ces braves une respectable marge d'existence et de représentation.
Regard critique d'un artiste quadragénaire qui souligne la contradiction entre popularité et étouffement. Tout comme cette toile immense où Oum Koulsoum, mouchoir à la main, bras nus, chignon et robe longue, chante la vie et l'amour. Ce chant qui transgresse l'austérité du pays des ayatollahs.
Féru de poésie (il apprécie Pablo Neruda et Farroukh Zad), de peinture bien évidemment (ses icônes sont Klimt, Matisse, Picasso, Brueghel et Vermeer), mais aussi de musique jazz, funky et hip-hop, Khorsow HassanZadeh confie en toute simplicité et courage: «Je suis très heureux car je fais ce que j'aime. Être artiste, c'est avoir une fenêtre sur le monde, c'est avoir toujours de nouveaux horizons. Je ne voudrais jamais être un homme politique. Je veux simplement marcher dans la rue et regarder... Il faut être honnête envers soi-même, ouvrir les yeux et regarder le monde...»
Ces «pahlavans» que la foule affectionne pour leur connaissance et générosité, et que le système, tout comme celui du chah ou des mollahs, a mis sous le boisseau ou garde en coulisses.Cigarettes qui ne s'éteint presque pas, cheveux sel et poivre coupés ultracourts, yeux noirs pétillants d'intelligence, voix grave des fumeurs, Khorsow (depuis plus de 3500 ans, c'était le nom d'un roi farsi) HassanZadeh n'est pas à sa première exposition à Beyrouth. Chiisme affiché avec éclat dans sa peinture, de formulation moderne, tout en gardant ses attaches à la tradition et aux valeurs ancestrales du pays des Perses. Avec un évident parti pris pour la révolte, la contestation et une franche ouverture vers la liberté....
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