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Nos lecteurs ont la parole

La foi à l’épreuve de la science

Par Charles AZAR

En dépit de son ancrage traditionnel dans des cultures et des territoires, la religion semble ne pas échapper aux effets de la science qui s'est emparée du religieux, provoquant des mutations inédites dans ce domaine.
De quelles transformations s'agit-il ?
Le religieux, la croyance se sont connectés aux acquis de la science, voire ont créé du culturel. Justement, quels rapports la foi et la science entretiennent-elles ? Internet et les télévisions satellitaires ont peu à peu distendu les liens traditionnels entre marqueur scientifique et marqueur religieux, créant un phénomène de déculturation. Ce faisant, le lien traditionnel entre ces deux marqueurs s'est tissé de divergences.
Ces nouvelles réalités de la déculturation s'accommodent-elles du choc de la foi et de la science, que l'on appelle aussi choc des civilisations, choc des cultures et choc des religions ? Un décryptage de ces trois notions dévoile l'emergence de postures diverses.
Il y a celle qui part de l'idée que toute culture est fondée sur une religion et que toute religion est incarnée dans une culture. Il y a ceux qui pensent que l'on ne peut dissocier marqueur religieux et marqueur scientifique, mais qu'il reste à préciser de quelle manière on conçoit la relation entre science et théologie. Pour d'autres, ce qui prime, c'est « l'Esprit Saint » qui, par définition, souffle où il veut. Par ailleurs, certains scientifiques et théologiens estiment que le fondamentalisme serait une réaction identitaire culturelle et donc une crise de la culture et non pas l'expression d'une culture.
Or le contexte actuel montre que les visions de ce type se dispersent dans la mondialisation en crise.
De son côté, l'Église catholique, qui prend la crise de plein fouet, tente de la contrer : le pape parle de plus en plus de culture et tente une synthèse entre une vision chrétienne et une vision évolutive du monde et de l'homme.
Le Vatican a récemment déclaré que « la théorie de l'évolution n'était pas incompatible avec le message de la Bible », il est donc admis que foi et science peuvent faire un bout de chemin ensemble, en reconnaissant que le domaine de la religion n'est pas celui de la science et que, par conséquent, les récits bibliques ne sont pas exclusivement des récits historiques, mais des récits symboliques.
À l'occasion du 150e anniversaire de la théorie de l'évolution et du 400e anniversaire de Galilée, les universités catholiques du Liban ont organisé un programme varié d'activités scientifiques, culturelles et pédagogiques autour des rapports entre foi et science. Des expositions, conférences, séminaires et sessions de formation ont eu lieu de novembre 2009 à mars 2010, respectivement à l'Université Saint-Joseph (USJ), Université antonine, USEK - Kaslik, La Sagesse.
Ce symposium « Foi et science », rassemblant scientifiques, théologiens et philosophes, avait pour objectif de tenter de préciser comment concilier une théorie de l'évolution avec les principes du credo « Je crois en Dieu tout-puissant, créateur du monde visible et invisible. »

 

Charles AZAR
Membre du Cirdic

En dépit de son ancrage traditionnel dans des cultures et des territoires, la religion semble ne pas échapper aux effets de la science qui s'est emparée du religieux, provoquant des mutations inédites dans ce domaine.De quelles transformations s'agit-il ?Le religieux, la croyance se sont connectés aux acquis de la science, voire ont créé du culturel. Justement, quels rapports la foi et la science entretiennent-elles ? Internet et les télévisions satellitaires ont peu à peu distendu les liens traditionnels entre marqueur scientifique et marqueur religieux, créant un phénomène de déculturation. Ce faisant, le lien traditionnel entre ces deux marqueurs s'est tissé de divergences.Ces nouvelles réalités de la...
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