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Moyen-Orient - Dans La Presse

Nucléaire iranien : des milliers de centrifugeuses auraient été transférées sous le mont Pickaxe, Téhéran dément

Longtemps maintenu secret, connu en Iran sous le nom de mont Kolang, le complexe souterrain de Pickaxe est surveillé depuis plusieurs années par Israël et les États-Unis.

Nucléaire iranien : des milliers de centrifugeuses auraient été transférées sous le mont Pickaxe, Téhéran dément

De la fumée s’élève après une explosion dans un lieu non identifié, lors de frappes menées dimanche contre l’Iran, selon le Commandement central américain. Photo U.S. Central Command / REUTERS

Les services de renseignement israéliens estiment que l’Iran a transféré des milliers de centrifugeuses destinées à l’enrichissement de l’uranium dans des tunnels creusés sous le mont Pickaxe, a rapporté le Wall Street Journal (WSJ), ce qui peut expliquer les menaces à l'encontre de ce site proférées le 13 juillet par le président américain Donald Trump. Téhéran aurait procédé à ce transfert après la guerre de douze jours de juin 2025, durant laquelle Israël et les États-Unis ont frappé les trois principaux sites nucléaires iraniens : Natanz, Fordo et Ispahan.

Selon des responsables israéliens et américains s'exprimant sous couvert de l'anonymat au WSJ, les services de renseignement ont partagé avec les États-Unis leurs informations, selon lesquelles ces centrifugeuses ont été déplacées « dans des tunnels creusés profondément » sous la montagne.

Réagissant à ces informations, Téhéran a affirmé que les États-Unis utilisaient un « prétexte fabriqué » pour viser à nouveau son programme nucléaire, déjà largement endommagé par les campagnes de frappes américano-israéliennes lors de ladite « guerre des 12 jours » de juin 2025, puis lors de la dernière guerre ouverte le 28 février dernier par l'assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei.

Complexe souterrain

Ces informations ont été transmises alors que, selon un responsable militaire israélien, Tel-Aviv estime que les frappes américaines ne se sont pas suffisamment concentrées sur les infrastructures liées aux capacités nucléaires de l'Iran et qu'il y a « encore des choses à accomplir », notamment en ce qui concerne Pickaxe.

Culminant à environ 1 600 mètres d’altitude, le site du mont Pickaxe, ou « montagne de la Pioche », abrite un vaste complexe souterrain susceptible d’accueillir des installations nucléaires liées au complexe de Natanz, situé à environ 250 km au sud de Téhéran. Lors d'une interview accordée à Hugh Hewitt sur Salem News Channel, le président américain avait menacé de frapper cette installation iranienne hautement sécurisée. Des menaces lancées alors que les affrontements ont repris malgré la signature d’un protocole d'accord censé mettre fin au conflit opposant Téhéran à Washington et ouvrir la voie à une paix durable.

Longtemps maintenu secret, connu en Iran sous le nom de mont Kolang, le complexe souterrain de Pickaxe est surveillé depuis plusieurs années par Israël et les États-Unis. Creusé à une profondeur estimée entre 90 et 140 mètres sous la roche, il serait suffisamment vaste pour accueillir plusieurs installations liées au programme nucléaire iranien. Selon le média The War Zone, deux réseaux de tunnels distincts se trouveraient sous le mont Pickaxe. Le premier aurait été construit aux alentours de 2007, tandis que les travaux du second auraient débuté vers 2020. L'ensemble du complexe, contenu dans un vaste périmètre de sécurité, est situé immédiatement au sud-ouest du site nucléaire iranien de Natanz.

Équipements secourus après la guerre de 2025

Les responsables israéliens et américains redoutent que Téhéran utilise le site pour stocker ou fabriquer du matériel nucléaire, voire pour y aménager une unité d’enrichissement. La présence éventuelle de centrifugeuses ne suffit toutefois pas à prouver qu’une telle installation est en cours de construction : l’Iran pourrait simplement y avoir déplacé les équipements rescapés des frappes de juin 2025 afin de les protéger, selon le WSJ.

D'après The Institute for Science and International Security (ISIS), des travaux s’y sont poursuivis au cours des quinze derniers mois, avec notamment le renforcement de tunnels, des mouvements réguliers de camions et l’aménagement d’un périmètre de sécurité. C'est dans ce cadre que David Albright, à la tête de l'ISIS, juge « plausible » que l’Iran y ait transféré des centrifugeuses. Selon le think tank, des images satellites montrent que l’Iran aurait déjà pris des mesures pour obstruer, au moins partiellement, l’accès à cette nouvelle installation après le début des frappes israéliennes et américaines. Avant même le conflit, les Iraniens avaient également été observés en train d’enfouir et de renforcer les entrées du réseau de tunnels construit en 2007.

Démenti de Téhéran

De son côté, le ministère iranien des Affaires étrangères a accusé Washington de proférer des « allégations mensongères » concernant le site de Kolang, affirmant qu'aucune activité nucléaire n'y est menée et dénonçant un « prétexte fabriqué » pour relancer ses attaques contre le programme nucléaire iranien.

Dans un message publié sur X, le porte-parole du ministère, Esmail Baghaei, a ainsi déclaré que toutes les activités nucléaires de l'Iran avaient été intégralement déclarées à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), conformément à ses obligations au titre des garanties de l'agence. Il a également reproché au directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, de rester silencieux sur cette question.

Enfin, il a assuré que l'Iran répondrait « avec toute sa force » à toute action américaine visant sa souveraineté ou sa sécurité nationale.

L'AIEA avait toutefois affirmé le 23 juin 2026 que Téhéran refusait toujours l’accès du site à ses inspecteurs et n’a fourni aucune information précise sur les activités qui y sont menées. Rafael Grossi avait alors rappelé que Téhéran avait annoncé dès 2021 son intention d’y conduire des activités nucléaires.

Les services de renseignement israéliens estiment que l’Iran a transféré des milliers de centrifugeuses destinées à l’enrichissement de l’uranium dans des tunnels creusés sous le mont Pickaxe, a rapporté le Wall Street Journal (WSJ), ce qui peut expliquer les menaces à l'encontre de ce site proférées le 13 juillet par le président américain Donald Trump. Téhéran aurait procédé à ce transfert après la guerre de douze jours de juin 2025, durant laquelle Israël et les États-Unis ont frappé les trois principaux sites nucléaires iraniens : Natanz, Fordo et Ispahan. Selon des responsables israéliens et américains s'exprimant sous couvert de l'anonymat au WSJ, les services de renseignement ont partagé avec les États-Unis leurs informations, selon lesquelles ces centrifugeuses ont été déplacées «...
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