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Nos lecteurs ont la parole

La vengeance de la nature

Karim TORBEY
L'évolution de l'homme a souvent rimé avec domination. Domination de l'autre, mais aussi domination de la nature. Celle-ci ne lui ayant pas donné des ailes pour voler, l'homme inventa l'avion qui servit aussi bien comme moyen de transport que comme machine de guerre. Les aéroports qui en sont le corollaire sont devenus synonyme de transit : on y est uniquement de passage.
Dans sa course vers la suprématie, l'homme altéra son environnement. L'expansion démesurée des mégalopoles se fit au détriment des espaces naturels. La pollution entraîna un réchauffement climatique et la fonte des glaciers ouvrit la perspective de conquête de nouvelles immensités. Pour palier l'épuisement des ressources, on cultiva des OGM.
La généralisation de la technologie et des communications accoucha de la mondialisation et du paradoxe de village planétaire. On façonna l'économie à la mesure des besoins des sociétés de consommation tournées vers davantage de gain immédiat.
Toujours au nom du progrès, les civilisations occidentales se détournèrent des valeurs religieuses devenues obsolètes, au profit de la laïcité.
Au commencement du troisième millénaire, la primauté de l'homme sur la nature semblait s'affirmer.
Le 15 avril 2010, un nuage de cendre s'échappe d'un volcan en Islande.
Les avions sont cloués au sol. Les voyageurs campent dans les aéroports dans des conditions d'hygiène plus que précaires, prisonniers des distances redevenues immenses.
Les chefs d'État renoncent à faire le déplacement jusqu'en Pologne pour assister aux obsèques de l'un d'eux, mort dans le crash de son avion, par crainte peut-être d'une contagion du phénomène.
C'est l'égalité dans l'impuissance, tant le désarmement est total face aux effets de l'éruption volcanique.
L'interruption des liaisons entraîne des conséquences économiques en cascade : transports de marchandises déréglés, transactions ajournées, aérogares inopérantes...les pertes se chiffrent en millions.
Face à la colère de la nature, aucun remède n'est disponible. Le retour à la  normale n'est conditionné que par l'apaisement du volcan. La dictature de dame nature est implacable.
L'événement sonne comme une négation de la supériorité de l'homme. Puisse-t-il en tirer une leçon d'humilité.

Karim TORBEY 
L'évolution de l'homme a souvent rimé avec domination. Domination de l'autre, mais aussi domination de la nature. Celle-ci ne lui ayant pas donné des ailes pour voler, l'homme inventa l'avion qui servit aussi bien comme moyen de transport que comme machine de guerre. Les aéroports qui en sont le corollaire sont devenus synonyme de transit : on y est uniquement de passage. Dans sa course vers la suprématie, l'homme altéra son environnement. L'expansion démesurée des mégalopoles se fit au détriment des espaces naturels. La pollution entraîna un réchauffement climatique et la fonte des glaciers ouvrit la perspective de conquête de nouvelles immensités. Pour palier l'épuisement des ressources, on cultiva des OGM. La...
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