Toujours au niveau des défis, le rapport note la solidité du système bancaire, rappelant toutefois que 56 % des actifs des banques locales sont exposés à la dette nationale, et que celles-ci restent fortement dépendantes des dépôts des non-résidents.
Le rapport souligne en outre que l'indexation de la livre au dollar est un pilier de stabilité financière, mettant toutefois l'accent sur la forte disparité entre les monnaies dans les secteurs public et privé, qui fait planer, selon Standard Chartered, un risque élevé si le système est affecté.
De plus, le rapport note que l'indexation monétaire implique que les taux d'intérêt libanais suivent de près les taux d'intérêt américains. Mais l'environnement politique incertain a continué de tirer vers la hausse les taux d'intérêt, ce qui fait que les taux libanais n'ont pas suivi le déclin des taux américains au lendemain de la crise, ajoute la banque.
Le rapport cité par le bulletin hebdomadaire de la Byblos Bank, le Lebanon This Week, indique en outre que l'écart entre les taux libanais et américain a encouragé la dédollarisation et un afflux continu de dépôts, mais a rendu le crédit privé plus cher.
La banque Standard Chartered s'est attendue, par ailleurs, à ce que les finances publiques continuent à pâtir de larges déficits, d'autant que les plans de privatisation et de modernisation de l'Électricité du Liban (EDL) sont le fruit d'une véhémente objection de l'opposition, qui a tout intérêt dans le maintien du statu quo. Le rapport note en outre que les transferts à l'EDL représentent 13 % des dépenses de l'État et 4,6 % du PIB, constituant ainsi une grande barrière à la réduction du déficit public.
La banque estime à cet égard que les transferts à l'EDL risquent d'augmenter progressivement en 2010, au vu de la récente hausse du prix du pétrole à l'échelle mondiale.
La banque estime à 10 % du PIB le déficit en 2010, ajoutant que ce déficit pourrait s'élargir davantage, et c'est dû à la hausse des dépenses du gouvernement sur divers projets pour satisfaire les différentes factions politiques.
Par ailleurs, Standard Chartered a souligné la corrélation qui existe entre l'économie et le politique au Liban, indiquant que la stabilité politique, maintenue depuis les accords de Doha, a eu des effets largement positifs sur l'ensemble des secteurs de l'économie.
Le rapport met toutefois en garde contre la fragilité de l'équilibre politique actuel, ajoutant qu'un grand nombre de réformes restent bloquées par des conflits d'intérêts. Il s'agit notamment du cas de la réforme des secteurs de l'électricité et des télécoms. À ce sujet, la banque conclut son rapport sur une note assez pessimiste, soulignant que des avancées au niveau des réformes économiques structurelles indispensables restent largement improbables.

