En effet, le bilan consolidé des banques indique que la base de dépôts a augmenté en février de 1,1 milliard de dollars, contre 0,2 milliard en janvier. Les dépôts ont ainsi bondi de 1,3 milliard de dollars au cours des deux premiers mois de l'année pour atteindre 97,1 milliards de dollars. Cette croissance est de 2,6 fois plus importante que la croissance moyenne enregistrée au cours de la même période des huit dernières années.
En détail, les dépôts en livres ont augmenté de 1,31 milliard de dollars fin février pour atteindre 35,4 milliards de dollars, tandis que les dépôts en devises ont reculé de 11 millions de dollars à 61,7 milliards de dollars. Cela a engendré une baisse au niveau du taux de dollarisation des dépôts, qui est passé de 64,5 % fin 2009 à 63,5 % fin février - un niveau jamais atteint depuis au moins cinq ans.
En outre, il convient de préciser que les dépôts des résidents ont augmenté de 1,77 milliard de dollars au cours des deux premiers mois de l'année, tandis que les dépôts des non-résidents ont chuté de 469 millions de dollars.
En parallèle, l'activité d'emprunt, qui avait enregistré une croissance exceptionnelle au premier mois de l'année, a également connu un essor en février. Le montant global des prêts accordés a en effet augmenté de 503 millions de dollars, portant à 1,49 milliard de dollars la hausse des crédits au cours des deux premiers mois de l'année. Comparé à la même période des années précédentes, il s'agit ainsi d'une croissance exceptionnelle. Le montant total des prêts a d'ailleurs augmenté de 5,3 % fin février, à 29,9 milliards de dollars.
Cette croissance sur le marché local contraste avec la baisse de l'activité d'emprunt à l'échelle régionale et mondiale due aux retombées de la crise internationale, selon le bulletin économique hebdomadaire de la Bank Audi, le Lebanon Weekly Monitor.
Expansion des prêts accordés aux non-résidents
En ce qui concerne la répartition des prêts accordés au cours des deux premiers mois entre le marché local et les marchés de la région, une analyse approfondie montre que cette croissance était due aussi bien aux prêts accordés aux résidents qu'à ceux accordés aux non-résidents. La hausse de ces derniers s'est en effet élevée à 758 millions de dollars, soit plus de 50 % de l'augmentation des crédits octroyés au cours des deux premiers mois. Ces chiffres reflètent le redressement progressif des économies de la région, que les banques commerciales libanaises cherchent à exploiter pour réamorcer leur stratégie d'expansion, amorcée avant le déclenchement de la crise.
L'augmentation des prêts accordés aux non-résidents du secteur privé au cours des deux premiers mois de 2010 a d'ailleurs dépassé la hausse enregistrée sur l'ensemble de l'année 2009, et qui avait atteint 137 millions de dollars.
Quant aux prêts aux résidents du secteur privé, ils ont augmenté de 733 millions de dollars au cours des deux premiers mois de l'année, contre une baisse de 117 millions de dollars au cours de la même période de 2009.
Cette hausse est consécutive aux efforts menés par la Banque centrale pour inciter les banques locales à être moins rigoureuses au niveau de l'octroi des prêts aux résidents, notamment au vu de l'excès de liquidités en livres. Ainsi, fin février, les prêts aux résidents du secteur privé s'élevaient à 24,99 milliards de dollars, tandis que les prêts aux non-résidents du secteur privé s'élevaient à 4,87 milliards de dollars.
Enfin, en termes de distribution des crédits par devises, les crédits en dollars ont augmenté de 1,17 milliard de dollars au cours des deux premiers mois de 2010 pour atteindre 25 milliards de dollars, tandis que les prêts en livres libanaises ont augmenté de 317 millions de dollars pour atteindre 4,86 milliards de dollars. Enfin, le total des actifs bancaires a progressé de 3 milliards de dollars fin février, soit l'équivalent de 2,6 %, pour atteindre 118,3 milliards de dollars.


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