Pierce Brosnan et Ewan McGregor dans un drame hitchcokien.(DR)
The Ghost Writer
de Roman Polanski
Avec Ewan McGregor et Pierce Brosnan.
D'abord, avant de parler de cette œuvre esthétiquement très belle, au scénario bien ficelé, aux dialogues juteux, au casting superélégant et raffiné, à la mise en scène bien solide et aux cadrages osés, attardons-nous sur deux points essentiels. D'abord le titre Ghost Writer, qui ne devrait pas être traduit en français par « nègre » littéraire car d'abord plus beau, plus évocateur et moins humiliant et anachronique dans l'époque où nous vivons. Dans la tribune du NouvelObs.com, David Caviglioli rapporte que le philosophe français Claude Ribbe réclame d'abandonner le terme de nègre à l'hérédité bien lourde.
En second lieu essayer, et ce point est très important de rentrer en salle voir The Ghost Writer sans a priori sur la vie privée du réalisateur. Que l'on soit du côté de Roman Polanski ou de la justice américaine, ou par ailleurs que l'on ne puisse que se référer à son huis clos récent à Gstaad en ne cessant d'établir la relation entre ces deux événements, tout cela ne nous empêche pas de dire que cette œuvre est de loin une des meilleures de Polanski depuis très longtemps et qu'elle mérite tous les honneurs qu'on lui a fait à Venise. On a beaucoup glosé sur le fait que la vie a rattrapé le fictionnel et que le réalisateur polonais n'a eu que ce qu'il méritait. Il est temps de s'arrêter et de saluer le travail de ce beau Roman (dixit Marguerite K).
The Ghost Writer est donc un thriller politique, servi par de très bons acteurs et une intrigue à la Hitchcock. Que ce soit dans la brume de la politique ou dans les vapeurs des ébats sexuels, on retrouve les grands thèmes récurrents chers au film noir : la femme manipulatrice, les poursuites, l'antihéros ou le héros malgré lui qui charrie avec lui un passé assez vague. Bref, un film à ne pas rater et si vous n'aimez pas Polanski, allez surtout (je me répète) parce que vous aimez le beau cinéma et que cela fait longtemps qu'on n'en a pas eu un comme celui-ci.
Grand Cinemas ABC/grand Concorde/grand Las Salinas, empire galaxy, espace
De ma fenêtre sans maison
de Maryanne Zehil
Avec Louise Portal et Renée Thomas.
Sana a abandonné sa fille Dounia, âgée de quatre ans, pour aller vivre au Québec loin de son Liban natal. Et elle n'a plus jamais demandé à la revoir. Dix-sept ans plus tard, lorsque le papa de Dounia meurt, Sana invite sa fille à passer quelques semaines chez elle à Montréal. Les deux femmes tentent de communiquer mais en vain, la blessure de Dounia est trop grande et elle n'arrive pas à comprendre les raisons de l'abandon de sa mère. Un autre événement va les ramener toutes deux au Liban. C'est là que toutes les explications seront faites.
La liberté sexuelle, la recherche d'amour et d'identité, mais surtout la condition de la femme dans un pays aux codes sociaux encore passéistes, voilà la toile de fond sur laquelle se tissent les relations entre trois générations de femmes : la grand-mère (Leila Hakim, toujours aussi sobre et talentueuse), la mère (Louise Portal, dont la carrière d'actrice n'a rien à envier à celle de chanteuse et d'écrivain), ainsi que la fille (Renée Thomas), qui livre un portrait d'une génération déchirée entre différentes valeurs.
Ce film, produit par K-Films Amérique, écrit et réalisé par Maryanne Zehil, est un film à petit budget, émouvant, touchant et surtout authentique. À ne pas rater.
Planète abraj/zouk/saint-élie
Nanny McPhee
de Suzanna White
Avec Emma Thompson et Maggie Gyllenhaal.
Nanny McPhee, avec un petit c et un grand P comme elle le dit si bien, est une nounou aux pouvoirs surnaturels, moche à souhait, british jusqu'à la moelle et envoyée du ciel pour mettre de l'ordre dans les maisons. Si dans le premier volet, il y a cinq ans, la célèbre nanny visitait la maison Brown où un père veuf n'arrivait pas à bien s'occuper de ses enfants, cette fois c'est au tour de la maison Greene d'ouvrir ses portes à Emma Thompson qui incarne ce personnage particulier.
Une Mary Poppins un peu glauque, qui tient le bâton au lieu d'un parapluie, qui a une verrue, des moustaches, des sourcils un peu grossiers et dent protubérante. Voilà le rôle que joue Emma Thompson, également scénariste du film. Dans le premier long-métrage de Suzanna White, dont l'action se déroule durant la Seconde Guerre, se mêlent l'univers de la ferme de Babe à celui de Home Alone où le méchant est interprété par Rhys Efans. Les petits cochons deviennent des Esther Williams dans l'eau, les motos peuvent voler et les gentils finissent toujours par triompher des méchants. Une comédie à l'humour tellement britannique qui ne peut que plaire aux enfants et émouvoir les grands.
Grand Cinemas ABC/grand Concorde/grand Las Salinas, cinemacity, empire galaxy, kaslik
The Conqueror
d'Agustin Diaz Yanes
Avec Viggo Mortensenet Elena Anaya.
L'histoire se passe en Espagne au XVIIe siècle, sous le règne de Philippe IV, avant-dernier roi de la maison d'Autriche. Ce monarque faible et manipulable est dominé par une cour corrompue, agitée par les intrigues orchestrées par le très influent comte-duc Olivares. Diego Alatriste est un soldat courageux, au service de sa majesté. Il combat dans une guerre froide contre les Flandres, mais est également mercenaire et exécute de sales besognes en temps de paix.
Lors d'une embuscade contre les Hollandais, le compagnon d'armes de Diego meurt mais, avant de mourir, il demande au capitaine de s'occuper de son fils. Entre les deux hommes naîtra une grande et belle amitié.
Alatriste va s'efforcer en vain de préserver Iñigo d'une carrière militaire, mais aussi d'une femme machiavélique qu'aime le jeune homme, Angélica Alquézar, fille de Luis de Alquézar, l'ennemi juré d'Alatriste.
Intrigues et trahisons, duels et batailles - un peu trop sanglantes car toutes à l'arme blanche -, mais également amour et haine sont au cœur de la vie de ces personnages fiers, courageux et loyaux.
Le cinéaste a réalisé une belle fresque de l'époque. Une belle œuvre d'esthétisme où les costumes, le décor et la lumière sont étudiés jusqu'au moindre et infime détail. Ce qui donne à voir comme une œuvre de Goya ou Vélasquez avec tout le clair-obscur et les couleurs sombres que cela suppose. Dommage qu'il ait un peu négligé le tempo de l'action. Surtout avec un acteur idéal pour le rôle de composition, le talentueux Mortensen. En voulant en effet rendre l'œuvre trop authentique, il a péché par un peu trop de linéarité. N'empêche que ce film de cape et d'épée se laisse voir avec beaucoup de plaisir.
cinemacity, empire dunes, planète abraj/zouk


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