Plus de 17 000 vols ont été annulés, hier, en Europe. Photo AFP
Après la fermeture de huit espaces aériens jeudi, les épais panaches de fumée que continue à lâcher le volcan ont contraint plusieurs pays à prolonger la durée d'application de la mesure jusqu'à samedi : en France, au Danemark, aux Pays-Bas, en Angleterre et au pays de Galles, en Belgique, en Hongrie et en Finlande. Cependant, une grande partie de l'espace aérien de l'Écosse et de l'Irlande du Nord devait rouvrir tard en soirée, permettant la reprise des liaisons transatlantiques.
Le trafic aérien a également été totalement ou partiellement interrompu au-dessus d'autres pays, jusqu'alors épargnés. Cela concerne les pays baltes, une grande partie de la République tchèque (dont Prague), l'Autriche, le nord-ouest de la Roumanie et la quasi-totalité de la Pologne, dont Cracovie (Sud), où doit converger dimanche un nombre sans précédent de délégations aux obsèques du président Lech Kaczynski (voir par ailleurs).
« La situation ne devrait pas changer de façon spectaculaire au cours des prochaines 24 heures », a prévenu en milieu d'après-midi l'Organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne Eurocontrol, soulignant que 12 000 à 13 000 vols ont été maintenus vendredi en Europe, contre 29 500 habituellement.
Les déplacements de millions de voyageurs ont été contrariés, en particulier au Royaume-Uni où s'achèvent ce week-end les vacances scolaires de Pâques.
« On est vraiment déçu. (...) Mais mieux vaut être déçu que mort ! » soupire Mme Cook, de Leicester, bloquée à l'aéroport londonien de Gatwick et empêchée de partir avec son mari à Sainte-Lucie, aux Antilles, pour leur 30e anniversaire de mariage.
La compagnie Eurostar, qui a ajouté trois trains jeudi et vendredi entre Londres et le continent, a prévu de faire de même samedi et dimanche avec huit trains.
La billetterie de la gare londonienne de St Pancras s'en est trouvée prise d'assaut par environ deux cents passagers privés d'avion, hier matin.
« Nous sommes coincés ici, nous cherchons coûte que coûte à rentrer en Espagne. Nous allons tenter de prendre un ferry jusqu'à Calais, et louer une voiture pour regagner l'Espagne, mais il semble que les ferries aussi sont presque complets », a confié à l'AFP Erik Brommer, 37 ans.
Ailleurs en Europe, le trafic était souvent fortement réduit. Les aéroports du nord de la France, dont ceux de Paris, étaient fermés hier soir. En Allemagne, le trafic a été interrompu dans 15 des 16 aéroports internationaux. L'aéroport de la capitale bulgare Sofia a annulé tous les vols.
Ironie du sort : le trafic aérien islandais était l'un des rares à être entièrement épargné.
Quelques signes de retour à la normale semblaient poindre à l'horizon. L'espace aérien rouvrait progressivement en Suède, tout comme en Norvège, mais pour quelques heures seulement vendredi.
Par ricochet, des perturbations se font ressentir dans le monde. Eurocontrol a indiqué que sur les 300 vols prévus hier d'Amérique vers l'Europe, seuls 100 à 120 avaient pu être assurés dans la matinée. Des dizaines de liaisons ont également été annulées entre l'Asie-Pacifique et l'Europe, de Wellington à Tokyo.
La paralysie du trafic aérien causée par les nuages de cendres volcaniques coûte plus de 200 millions de dollars (147,3 millions d'euros) au secteur par jour, a estimé pour sa part l'Association internationale du transport aérien (IATA).
L'éruption du volcan au sommet du glacier Eyjafjallajokull, dans le sud de l'Islande, ne montrait aucun signe d'accalmie. Des experts ont averti qu'elle pourrait durer au moins plusieurs semaines.
Aucune victime n'est à déplorer, mais les nuages de cendres peuvent limiter la visibilité et risquent également d'endommager les réacteurs des appareils, même si elles se situent à très haute altitude. De légers dépôts ont été observés en Écosse, sans que cela ne constitue un risque sanitaire sérieux.



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