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Culture - Musique

Richard Galliano, un Bach, option accordéon

L'accordéoniste Richard Galliano fait une petite infidélité à ses amours pour la chanson, le jazz et le "new musette" en consacrant un album à Jean-Sébastien Bach (1685-1750), sous la prestigieuse étiquette jaune du label classique Deutsche Grammophon.

Le titre de l'album, "Richard Galliano/Bach", dit bien l'intégrité du projet : jouer des oeuvres de Bach sans arrangements ni ajouts ni simplifications, avec juste une "Aria" écrite par l'accordéoniste à la manière du compositeur allemand.

Ce disque, qui paraît lundi, le Cannois de bientôt 60 ans le voit comme "un aboutissement".

"C'est une chose dont je rêvais lorsque j'étais adolescent. Je voulais être concertiste, mais je me suis vite aperçu que c'était une voie de garage. C'est déjà difficile pour un violoniste, mais pour l'accordéon c'est carrément mission impossible !", explique Richard Galliano.

Monté à Paris en 1973, le Méridional a d'abord joué les accompagnateurs pour des chanteurs comme Claude Nougaro, Barbara ou Serge Reggiani. Puis il a fait la rencontre décisive, en 1983, du bandonéoniste argentin Astor Piazzolla et s'est dirigé vers le jazz (en compagnie de Gary Burton, Gonzalo Rubalcaba, Charlie Haden, Michel Portal...).

"Piazzolla m'a dit j'ai fait le new tango, vous devez faire le new musette": Richard Galliano suivra le conseil du maître en réinventant le répertoire désuet des valses, javas et ballades à la lumière du jazz.

Mais l'ancien élève du conservatoire de Nice (harmonie, contrepoint et trombone) a "toujours joué de la musique classique". "Piazzolla et moi on a le même choc pour la musique de Bach", dit-il.

"Un jour, j'ai eu l'impression que Bach avait écrit pour l'accordéon. Sa musique tombe tellement bien sous les doigts !", s'enflamme Richard Galliano. "Bach, ça swingue terriblement. Il y a des phrases, dans la +Partita+ pour flûte, on dirait du bebop", estime-t-il.

L'accordéoniste n'a cependant pas voulu "jazzifier" la musique du Cantor de Leipzig, comme a pu le faire le pianiste Jacques Loussier. "Je n'ai jamais été favorable à la démarche qui consiste à s'approprier la musique d'un compositeur décédé et à en faire ce qu'on a envie", explique Richard Galliano. "Quand on joue Bach, on prend une leçon d'humilité; ça serait fou de vouloir changer une note", ajoute-t-il.

Le titre de l'album, très sobre ("Richard Galliano/Bach"), dit bien l'intégrité du projet: jouer des oeuvres de Bach sans arrangements ni ajouts ni simplifications, avec juste une "Aria" écrite par l'accordéoniste à la manière du compositeur allemand.

Le son de l'accordéon, instrument populaire né plus d'un siècle après la mort de Bach, peut surprendre l'auditeur dans des concertos pour violon, clavecin ou hautbois, mais Richard Galliano a des atouts en main, à commencer par sa virtuosité et sa musicalité. L'artiste a eu la bonne idée de recourir à d'autres instruments pour certaines pages, utilisant l'accordina (sorte d'harmonica à boutons) pour la "Badinerie" et le bandonéon pour l'"Aria" en ré.

"Il s'agit d'offrir une autre couleur, une autre saveur à cette musique, pas d'entrer en compétition avec quoi que ce soit", souligne Richard Galliano. "J'ai le sentiment que ça plairait à Bach, parce que l'accordéon est très proche de l'orgue", estime celui qui voit son instrument comme "un orgue portatif et expressif".

En concert, Richard Galliano jouera en sextette, le 17 mai au Théâtre de l'Odéon à Paris (dans le cadre du festival Jazz à Saint-Germain-des-Prés), un programme "de Bach à Piazzolla". Pas question pour lui de prendre un virage totalement classique. "Je ne veux pas me couper de mes racines, qu'elles soient liées à l'histoire de l'accordéon, au jazz ou à la chanson", dit-il.

Ce disque, qui paraît lundi, le Cannois de bientôt 60 ans le voit comme "un aboutissement".
"C'est une chose dont je rêvais lorsque j'étais adolescent. Je voulais être concertiste, mais je me suis vite aperçu que c'était une voie de garage. C'est déjà difficile pour un violoniste, mais pour l'accordéon c'est carrément mission impossible !", explique Richard Galliano.
Monté à Paris en 1973, le Méridional a d'abord joué les accompagnateurs pour des chanteurs comme Claude Nougaro, Barbara ou Serge Reggiani. Puis il a fait la rencontre décisive, en 1983, du bandonéoniste argentin Astor Piazzolla et s'est dirigé vers le jazz (en compagnie de Gary Burton, Gonzalo Rubalcaba, Charlie Haden, Michel Portal...).
"Piazzolla m'a...
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