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Culture - Cinéma

À Beyrouth, le festival du film arabe ouvre sa plus grande édition avec une compétition de longs-métrages

Du 20 au 25 juillet, le musée Sursock accueille 78 œuvres venues de 11 pays, dont 11 films de fiction en lice, 54 courts et 13 productions étudiantes, avec des étapes à Tripoli et Saïda.

À Beyrouth, le festival du film arabe ouvre sa plus grande édition avec une compétition de longs-métrages

Une sélection de films venus de onze pays arabes, réunis à l’occasion de la 17ᵉ édition du festival du film arabe. Photo Nadi Lekol El Nass

Le festival du film arabe a fait son retour à Beyrouth lundi soir pour sa 17e édition, inaugurant six jours de projections, de débats et d’hommages consacrés au cinéma arabe. Organisé principalement au musée Sursock du 20 au 25 juillet, il investit également Dar el-Nimer à Clémenceau, Marsah à Tripoli et le cinéma Ishbilia à Saïda, réunissant cinéastes, étudiants et spectateurs venus de toute la région.

Cette édition marque un tournant important. Pour la première fois depuis la création du festival, des longs-métrages rejoignent la compétition aux côtés de la traditionnelle sélection de courts-métrages.

Sur scène, lors de la cérémonie d’ouverture, la programmatrice Rima Kaddissi a présenté ce qu’elle a qualifié de plus grande édition jamais organisée. « C’est la première année que nous accueillons des longs-métrages en compétition, a-t-elle déclaré au public. Nous présentons 54 courts-métrages, 11 longs-métrages et 13 films d’étudiants issus de cinq universités libanaises. » Le programme comprend également trois rencontres publiques tout au long de la semaine, consacrées à l’enseignement du cinéma, à la critique cinématographique et aux archives audiovisuelles.


Se déconnecter pour mieux se reconnecter

Deux étages sous le musée Sursock, où le réseau téléphonique est quasi inexistant, la soirée d’ouverture semblait trouver son décor idéal. Pendant quelques heures, le monde extérieur s’est effacé, laissant place à des archives restaurées, des classiques du cinéma et de nouvelles œuvres arabes.

Avant de prendre la parole, Rima Kaddissi a tenu à saluer celles et ceux qui œuvrent dans l’ombre. « À toutes les personnes qui font vivre le cinéma arabe, vous accomplissez un travail extraordinaire. Nous sommes peu nombreux à faire ce métier. Si nous sommes ici aujourd’hui, c’est grâce à vous, et nous sommes là pour vous soutenir. »

La cérémonie est restée simple et chaleureuse. Lorsqu’un problème technique a interrompu le fonctionnement du micro, Naja el-Achkar, fondateur de Nadi Lekol El Nass (« Le Club pour tous »), a poursuivi son intervention sans amplification, transformant cet imprévu en un échange spontané avec le public.


Pour lui, l’évolution du festival reflète celle du paysage cinématographique arabe. Interrogé par L’Orient-Le Jour avant la soirée d’ouverture, il explique que la création d’une compétition de longs-métrages répond à une demande exprimée depuis plusieurs années par les réalisateurs comme par les spectateurs.

« Pendant six ans, aucune compétition de longs-métrages n’a été organisée. L’an dernier, nous avons projeté des longs-métrages hors compétition. Tout le monde nous demandait pourquoi ils ne concouraient pas. Cette année, nous avons donc préparé cette nouvelle section. »

Cette évolution se retrouve dans toute la programmation. Aux côtés des productions libanaises, le public découvrira des films venus de Palestine, d’Égypte, de Syrie, de Jordanie, d’Irak, du Maroc, de Tunisie, d’Algérie, du Soudan, du Qatar et des Émirats arabes unis.

Le festival confirme également son engagement en faveur de la jeune création en présentant des films réalisés par des étudiants de plusieurs universités libanaises et en favorisant les échanges entre professionnels confirmés et nouvelle génération. « Nous organisons aussi des rencontres avec les universités, explique Naja el-Achkar. Ce festival est une plateforme destinée aux jeunes cinéastes, qu’ils soient libanais ou originaires d’autres pays arabes. »


Des récits à l’image du monde arabe contemporain

Les films sélectionnés cette année font écho aux réalités qui traversent aujourd’hui le monde arabe.

« La Palestine et Gaza occupent naturellement une place importante, explique Naja el-Achkar. Il y a aussi des films sur la Syrie, les migrations, le retour des réfugiés, les pertes subies par le Liban et le départ des jeunes après toutes les épreuves traversées par le pays. » La mémoire irrigue également une grande partie de la programmation.

La soirée d’ouverture a rendu hommage au chanteur et compositeur libanais Ahmad Kaabour avant de célébrer le cinéaste égyptien Daoud Abdel Sayed avec la projection de son film sorti en 1975, Le Conseil d’un sage sur les affaires du village et l’éducation.

Plus tard dans la soirée, le public a retrouvé l’une des figures les plus populaires de la télévision libanaise, Salah Tizani, plus connu sous le nom d’Abou Salim. Bien que l’acteur de 99 ans n’ait pas pu être présent, des archives et des extraits de Abou Salim, le messager de l’amour (1963) l’ont ramené à l’écran.

Le festival s’est officiellement ouvert avec Palestine 36 d’Annemarie Jacir, l’un des onze longs-métrages en compétition cette année.

Un cinéma accessible à tous

Au-delà des projections, la journée de mercredi sera consacrée à une rencontre sur l’enseignement du cinéma réunissant des représentants de cinq universités libanaises. Jeudi, un hommage sera rendu au critique de cinéma Walid Chmeit à travers une discussion consacrée à la critique contemporaine. Enfin, vendredi, les archives audiovisuelles seront au cœur des échanges dans le cadre d’une collaboration avec le Palestine Film Lab à Dar el-Nimer.

Pour Naja el-Achkar, l’accessibilité demeure au cœur de la philosophie du festival. « Les courts-métrages et les débats sont ouverts à tous, a-t-il rappelé lors de la cérémonie d’ouverture. Nous espérons vous retrouver nombreux tout au long de cette semaine. »


Organiser un festival indépendant au Liban reste pourtant un défi financier. « Les financements sont insuffisants, reconnaît-il. Nous sommes une équipe entièrement bénévole. Nous nous appuyons sur des partenariats et sur des personnes convaincues que ce travail est essentiel. » Le jury de la compétition des longs-métrages réunit le réalisateur syrien Mohammad Malas, le critique égyptien Essam Zakaria ainsi que la réalisatrice et chercheuse libanaise Dima el-Horr. Celui des courts est composé du cinéaste palestinien Hanna Atallah, du réalisateur franco-libanais Wissam Charaf et de la réalisatrice libanaise Corine Shawi.

Le festival s’achèvera le 25 juillet par un hommage à Ziad Rahbani, suivi d’une interprétation par Mayssa Jallad de Marjaa : The Battle of the Hotels, accompagnée des créations visuelles du réalisateur Ely Dagher.

Pour Naja el-Achkar, toutefois, le succès du festival ne se mesurera ni au nombre de prix décernés ni à la fréquentation. « Nous avons reporté cette édition d’un an et demi en raison de la situation sécuritaire, conclut-il. Nous voulions que les gens reviennent au cinéma. Nous voulions que Beyrouth redevienne un lieu où l’on découvre le cinéma arabe. »

Programme et billets à retrouver ici. et sur le site de Nadi Lekol El Nass.


Le festival du film arabe a fait son retour à Beyrouth lundi soir pour sa 17e édition, inaugurant six jours de projections, de débats et d’hommages consacrés au cinéma arabe. Organisé principalement au musée Sursock du 20 au 25 juillet, il investit également Dar el-Nimer à Clémenceau, Marsah à Tripoli et le cinéma Ishbilia à Saïda, réunissant cinéastes, étudiants et spectateurs venus de toute la région.Cette édition marque un tournant important. Pour la première fois depuis la création du festival, des longs-métrages rejoignent la compétition aux côtés de la traditionnelle sélection de courts-métrages.Sur scène, lors de la cérémonie d’ouverture, la programmatrice Rima Kaddissi a présenté ce qu’elle a qualifié de plus grande édition jamais organisée. « C’est la première année que nous...
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