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Économie - Analyse

Les pays émergents dans les fusions et acquisitions

De Sophie Nivoix*
Très sensibles à la conjoncture économique et à la disponibilité des modes de financement, les opérations de fusions et acquisitions se développent par vagues au fil des décennies. L'année 2009 a vu se conclure plus de 20 000 opérations à travers le monde, contre un pic à plus de 25 000 en 2007 et 2008. Mais durant la première décennie de ce siècle, il est une caractéristique de ces opérations sur laquelle il convient de s'attarder. Il s'agit de la présence grandissante des pays émergents, non seulement parmi les cibles des fusions ou acquisitions, mais de plus en plus au sein des acquéreurs. Les pays émergents représentaient 5 % des opérations en 2000 et ont atteint 18 % en 2009. Voyons quels en sont les traits saillants.
Si l'on considère les zones géographiques auxquelles appartiennent les entreprises cibles pour la décennie 2000-2009, on peut constater que les pays émergents affichent un appétit variable. En Amérique du Nord, 8 % des opérations sont réalisées par des entreprises des pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), avec une prédominance de l'Inde. En Europe de l'Ouest, la proportion est la même, avec une présence plus nette de l'Inde et la Russie. Au Japon, les pays du BRIC ne représentent que 3 %, mais en Asie centrale, ils atteignent presque la majorité avec 48 %, grâce essentiellement à la Russie et la Chine.
Parallèlement, une évolution très nette est à souligner quant aux cibles choisies par les firmes des pays émergents. Les cibles étaient situées en 2000 dans 61 % des cas dans un pays développé, dans 19 % des cas dans un pays émergent et pour les 20 % restants dans un pays du reste du monde. En 2009, les proportions sont passées respectivement à 29 %, 17 % et 54 %. La part des cibles dans les pays industrialisés recule donc nettement au profit de cibles situées dans des zones moins développées mais attractives pour des raisons liées aux coûts salariaux, à la présence de matières premières ou encore à la proximité géographique. La même tendance s'observe si l'on étudie les cibles des firmes des pays développés au cours de la décennie. Il s'opère donc progressivement un rapprochement en termes d'investissement et de stratégie de croissance entre les firmes des pays émergents et celles des pays industrialisés.
On peut en outre repérer parmi les pays émergents quelques zones géographiques caractérisées par une forte activité transnationale : les Balkans, les pays Baltes, l'Asie centrale et l'Asie du Sud-Est. Si l'on considère le type de secteurs concernés par les fusions et acquisitions, il apparaît que tant pour les opérations mettant en jeu une firme de pays émergent et une firme de pays développé (acquéreur ou cible), ou deux firmes de pays émergents, les opérations dans l'industrie représentent un peu plus de 45 % et celles qui touchent les services un peu moins de 55 %.
Enfin, il faut souligner une nette tendance au développement d'opérations entièrement domestiques au sein des pays émergents. Celles-ci sont en effet passées de 76 % des opérations en 2000 à 84 % en 2009. En effet, l'accroissement de l'activité de fusions et acquisitions dans les pays émergents n'est pas le fait des entreprises des pays développés, qui ont consacré une part de leur activité en direction des zones économiques émergentes assez stables, à environ 15 % durant la décennie. Et cette évolution a toutes les chances de persister.

* Spécialiste de finance à l'université de Poitiers, professeur à l'ESA
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En coopération avec : ESA
Très sensibles à la conjoncture économique et à la disponibilité des modes de financement, les opérations de fusions et acquisitions se développent par vagues au fil des décennies. L'année 2009 a vu se conclure plus de 20 000 opérations à travers le monde, contre un pic à plus de 25 000 en 2007 et 2008. Mais durant la première décennie de ce siècle, il est une caractéristique de ces opérations sur laquelle il convient de s'attarder. Il s'agit de la présence grandissante des pays émergents, non seulement parmi les cibles des fusions ou acquisitions, mais de plus en plus au sein des acquéreurs. Les pays émergents représentaient 5 % des opérations en 2000 et ont...
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