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Liban - Le Festival Libanais Du Livre Du Mouvement Culturel D’Antélias

Anne-Françoise Weber analyse les approches et enjeux du dialogue interreligieux au Liban

Le Festival libanais du livre, récemment organisé par le Mouvement culturel d'Antélias, a accueilli le Dr Anne-Françoise Weber, sociologue d'origine française, pour une conférence portant sur « Le dialogue interreligieux au Liban : approches et enjeux », thème principal de son ouvrage « Le Cèdre islamo-chrétien des Libanais à la recherche d'une entente cordiale ». Le Festival du livre a également reçu Bernard Guetta, éditorialiste à « France Inter » et à « Libération », ancien correspondant du journal « Le Monde » et ancien directeur de rédaction du « Nouvel Observateur ».

La rencontre avec le Dr Anne-Françoise Weber a été modérée par la révérende mère générale Danielle Harrouk, qui a ouvert la conférence en invitant l'audience à observer une minute de silence à la mémoire des victimes des guerres religieuses au Liban, au Moyen-Orient et dans le monde.
Avant d'entamer son exposé, le Dr Weber a tenu à préciser que ses propos « relèvent d'une analyse scientifique d'une cinquantaine de textes portant explicitement sur le dialogue interreligieux au Liban et non de son avis personnel sur le sujet ». Elle a enchaîné en expliquant que cette analyse de ces différents textes, écrits par des acteurs du discours ainsi que par des observateurs plus distants, lui avait permis de catégoriser le discours en neuf schémas d'argumentation, en vue de tirer une conclusion sur les idées affichées, les tendances et les contradictions.
« Le premier schéma d'argumentation se résume en cette phrase : Il faut se parler pour se comprendre », a-t-elle commencé. Ce schéma est basé sur le respect et le pluralisme, et présente le dialogue comme solution au conflit. Selon elle, cela implique que « chaque côté doit réussir à surmonter sa peur de l'autre et à s'expliquer sans écraser l'autre pour pouvoir bâtir une vision commune ».
Anne-Françoise Weber a ensuite défini le deuxième schéma par la phrase : « Nous avons tant en commun », faisant référence à la proximité, la coexistence et les valeurs communes partagées par les musulmans et les chrétiens, qualifiant ainsi le Liban de « laboratoire pour un dialogue difficile à entreprendre dans d'autres pays ».
Elle a estimé qu'il ne suffisait pas de repousser les différences, mais « qu'il fallait aussi savoir les gérer ». Dans ce troisième schéma d'argumentation, la sociologue française a insisté sur les particularités et la diversité, « richesses propres au Liban ».
Pour illustrer le quatrième schéma, « Arrêtons de coller des étiquettes », elle a cité un des textes du discours : « L'être humain est un être humain en chair et en os avant d'être un chrétien ou un musulman du Sud ou du Nord. » Elle a ensuite expliqué que ce schéma attaque la classification rigide ainsi que l'insistance sur la dimension religieuse, et appelle ainsi à dépasser le confessionnalisme pour aboutir à un dialogue qui tournerait autour d'une construction nationale plutôt qu'autour de la religion.
Le cinquième schéma d'argumentation soutient que « les religions sont causes de discorde », mais la sociologue a affirmé que ce type d'argument ne constitue qu'une petite portion du discours analysé et que l'idée d'une « religion qui apporte la paix » est plus fréquemment observée. « Cette forme d'argumentation soutient que la discorde religieuse vient de l'homme et non pas de la religion », a-t-elle souligné.
Le septième schéma a été résumé en une phrase : « Le Liban est un pays exceptionnel », faisant ainsi référence au fait que ce pays est un point de rencontre entre deux mondes, l'Orient et l'Occident, et que « le monde de demain se bâtit sur le dialogue des cultures dans une nation acceptant la
pluralité».
Dans une autre optique, le huitième schéma identifié par la sociologue met en cause les hommes politiques et les autorités religieuses, et dénonce « l'hypocrisie, le mensonge et le manque de transparence » qui attisent les conflits et creusent encore plus le fossé.
Pour finir, le Dr Weber a abordé le schéma d'argumentation le plus fréquemment observé dans le discours sur le dialogue interreligieux : « Il reste beaucoup à faire ». D'après elle, cette tendance laisse penser que le dialogue est dans la bonne voie, mais déplore un véritable écart entre les objectifs et la réalité. 
La rencontre avec le Dr Anne-Françoise Weber a été modérée par la révérende mère générale Danielle Harrouk, qui a ouvert la conférence en invitant l'audience à observer une minute de silence à la mémoire des victimes des guerres religieuses au Liban, au Moyen-Orient et dans le monde. Avant d'entamer son exposé, le Dr Weber a tenu à préciser que ses propos « relèvent d'une analyse scientifique d'une cinquantaine de textes portant explicitement sur le dialogue interreligieux au Liban et non de son avis personnel sur le sujet ». Elle a enchaîné en expliquant que cette analyse de ces différents textes, écrits par des acteurs du discours ainsi que par des...
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