Le Premier ministre Nawaf Salam plantant un drapeau libanais sur la place du village de Zaoutar el-Gharbiyé, dans le Liban-Sud, le 22 juillet 2026. Photo du bureau de presse du Premier ministre libanais / AFP.
En plantant le drapeau libanais sur la place du village en ruines, le Premier ministre Nawaf Salam a voulu mardi donner l’image d’un État qui reprend pied dans le Liban-Sud. En visite à Zaoutar el-Gharbiyé (Nabatiyé), l’une des « zones pilotes » prévues par l’accord-cadre entre le Liban et Israël, le Premier ministre a affirmé que « l’objectif reste le retrait complet d’Israël de tout le territoire libanais », alors que l’armée libanaise commence à se déployer dans la localité.
Après ce geste symbolique, Nawaf Salam s’est félicité du « début du retrait israélien de notre terre ». « Dès le départ, nous avons affirmé que notre objectif était le retrait complet d’Israël de l’ensemble de notre territoire. Ce dont nous sommes témoins aujourd’hui n’est qu’un début, mais nous sommes déterminés et inébranlables. Nous continuerons à mobiliser tous nos efforts politiques et diplomatiques pour obtenir un retrait total du territoire libanais », a déclaré le Premier ministre.
S’adressant aux habitants du Liban-Sud, il a assuré que l’État avait « commencé à consacrer toutes ses ressources » pour faciliter leur retour. « L’armée libanaise et les forces de sécurité sont présentes pour protéger nos concitoyens à leur retour. Parallèlement au déploiement de l’armée, nous continuerons à rouvrir les routes, déblayer les décombres et fournir les services essentiels afin de permettre aux habitants de regagner leurs villages en toute sécurité et dans la dignité », a-t-il affirmé. Nawaf Salam a également indiqué que les autorités avaient « entamé les préparatifs pour rétablir tous les services essentiels, notamment l’eau, l’électricité et les télécommunications », ainsi que pour fournir des logements préfabriqués et les équipements nécessaires à la transition. « Le retour de la vie dans le Sud n’est pas un simple slogan, mais un objectif national auquel l’État est pleinement engagé. Le retour de notre peuple sur sa terre est l’expression la plus authentique de l’unité et de la souveraineté du Liban », a conclu le chef du gouvernement.
Fin juin, la ministre des Affaires sociales, Hanine Sayyed, avait annoncé que 400 000 déplacés au Liban, sur plus d’un million depuis la reprise de la guerre le 2 mars, étaient « retournés dans leurs région d’origine », soit « l’équivalent de 40 % des déplacés ».
مع بدء الانسحاب الاسرائيلي كلمتي من زوطر الغربية صباح اليوم:
— Nawaf Salam نواف سلام (@nawafsalam) July 22, 2026
أودّ أن أوجّه كلمة إلى اللبنانيين جميعًا، ولا سيّما إلى أهلنا في الجنوب، من بلدة زوطر الغربية. إن هذه لحظة وطنية تحمل أبعادًا سياسية ومعنوية كبيرة، لأنها تمثّل بداية الانسحاب الإسرائيلي من أرضنا.
لقد أكدنا منذ البداية… pic.twitter.com/c6OgiDHZ8R
Pour cette visite, M. Salam était accompagné du ministre de la Défense Michel Menassa, du chef d’état-major Hassane Audi, du secrétaire général du Conseil supérieur de la défense Mohammad Moustapha, du président du Conseil du développement et de la reconstruction Mohammad Qabbani, du président du Conseil du Sud Hachem Haïdar ainsi que du directeur de la chambre d’opérations centrales au Grand Sérail, Zahi Chahine.
Selon notre photo-journaliste à l'entrée de Zaoutar el-Gharbiyé, la visite rapide de Nawaf Salam a provoqué la colère, contenue, de quelques dizaines d'habitants du village qui ont critiqué l'initiative du Premier ministre. Ils lui ont notamment reproché de ne pas avoir été tenus au courant à l'avance de la tournée et de ne pas avoir pu lui parler directement.
Zaoutar el-Gharbiyé fait partie des « zones pilotes » prévues dans l’accord-cadre conclu entre le Liban et Israël, où l’armée libanaise doit se déployer et démanteler les infrastructures du Hezbollah, une condition préalable au retrait israélien. Les unités de l’armée libanaise ont commencé mardi matin à se déployer dans cette localité. Le même jour, l’armée libanaise a affirmé que des soldats israéliens avaient tiré à proximité de ses troupes, alors qu’elles entamaient leur mission dans le cadre de l’accord. L’armée israélienne a, de son côté, affirmé avoir effectué des « tirs de semonce ». Contrairement à l’autre zone pilote, située autour de Froun et Srifa, dans le secteur central au sud du Litani, les forces israéliennes étaient encore présentes à Zaoutar el-Gharbiyé avant leur retrait. Elles y avaient dynamité plusieurs bâtiments et empêchaient les habitants de regagner leurs maisons, étant positionnées en périphérie de la localité.
Le président Joseph Aoun se trouvait mardi à Washington, parrain de l’accord avec Israël, où il a été reçu à la Maison-Blanche par son homologue Donald Trump. Conclu fin juin, l’accord-cadre prévoit le déploiement de l’armée libanaise dans des « zones pilotes » évacuées par Israël, qui occupe encore certaines parties du sud du Liban désignées comme une « zone de sécurité », en échange du démantèlement des infrastructures du Hezbollah. Le groupe pro-iranien, opposé à l’accord conclu avec Israël, refuse de se laisser désarmer.
La nuit de mardi à mercredi a été marquée par une série d’explosions provoquées par l’armée israélienne dans plusieurs secteurs du Liban-Sud, selon notre correspondant dans la région, Mountasser Abdallah. Au moins une vingtaine de dynamitages ont été recensés. Les forces israéliennes ont notamment mené des opérations de dynamitage à Kfar Tebnit (Nabatiyé), Majdel Zoun, Khiam, Deir Seriane, Meis el-Jabal, Kounine et Houla. Selon des médias israéliens, les explosions survenues à Majdel Zoun ont été entendues jusque dans le nord d’Israël. Des tirs de mitrailleuses ont également visé Haddatha (Bint Jbeil), tandis qu’un drone israélien a lancé une grenade assourdissante sur Mansouri (Tyr). Dans la zone de Beit Yahoun et Baraachit (Bint Jbeil), des explosions ont provoqué des incendies dans des habitations.
Le Hezbollah a entraîné le pays début mars dans une nouvelle guerre avec Israël, en solidarité avec l'Iran. Israël a répliqué par des frappes massives qui ont fait plus de 4 300 morts et des centaines de milliers de déplacés, selon les autorités libanaises.

