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Nos lecteurs ont la parole

Pâques, ou savoir pardonner

Sylvain THOMAS
Si on ne sait pas pardonner, on ne sait pas aimer, et sans amour la vie n'a aucun sens.
Le pardon possède une vertu qui tient bel et bien du miracle celle de réparer l'irréparable. On l'appelait la « grâce du salut ». C'est une notion essentiellement religieuse : « Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ». Il n'empêche que la psychanalyse moderne enseigne, elle aussi, que l'aptitude à pardonner et à accepter le pardon est la marque d'une personnalité épanouie.
Il est inévitable que les frottements de la vie quotidienne nous écorchent parfois l'épiderme : vexations, injustices, manque d'égards, ingratitude. Si nous pouvons généralement encaisser les contrariétés, les trahisons, les blessures et les reniements de la part de notre entourage - parents, voisins, amis, divers membres de la société publique ou politique - qui font germer en nous un besoin violent, aveugle de rendre coup pour coup, œil pour œil et dent pour dent et, sans la grâce salvatrice du pardon, la blessure engendre d'autres blessures jusqu'à ce que plus rien ne reste à détruire chez les deux adversaires.
Souvent le pardon nous apparaît comme un geste charitable ; nous oublions que ses heureux effets ne sont pas à sens unique : il est aussi bénéfique de pardonner que d'être pardonné. Il ne s'agit pas d'une recette, mais bien d'une disposition d'esprit et d'âme de faire apparaître chez les êtres le meilleur d'eux-mêmes et d'illuminer tous les instants de la vie. C'est l'un des paradoxes heureux du comportement humain que, plus nous sommes prêts à pardonner, moins nous avons à le faire.
Un grand missionnaire, disait récemment, qu'il ajouterait aux serments du mariage l'engagement explicite du pardon mutuel. Il serait bon de rappeler aux époux - pour leur plus grand bien - qu'il y a là de quoi sauver bien de foyers, car le pardon ne supprime pas le mal qui a été fait ; il permet de l'accepter et d'en faire le point de départ d'une vie nouvelle. Le pardon est véritablement la « grâce du salut », la grâce que le Christ est venu apporter à Pâques, pardonner ou demander pardon, c'est une forme de résurrection à part entière dans le monde que nous vivons.

Sylvain THOMAS
Si on ne sait pas pardonner, on ne sait pas aimer, et sans amour la vie n'a aucun sens.Le pardon possède une vertu qui tient bel et bien du miracle celle de réparer l'irréparable. On l'appelait la « grâce du salut ». C'est une notion essentiellement religieuse : « Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ». Il n'empêche que la psychanalyse moderne enseigne, elle aussi, que l'aptitude à pardonner et à accepter le pardon est la marque d'une personnalité épanouie.Il est inévitable que les frottements de la vie quotidienne nous écorchent parfois l'épiderme : vexations, injustices, manque d'égards, ingratitude. Si nous pouvons...
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