Regis Duvignau/Reuters
« Aujourd'hui, avec l'arrivée des grandes marques sur le marché, on passe d'un marché ethnique à un marché de masse », affirme Antoine Bonnel, directeur du Salon du halal, la nourriture conforme aux règles de l'islam, qui s'est tenu cette semaine à Paris. « C'est sous la poussée de la deuxième ou la troisième génération. Mais il ne s'agit pas d'un repli communautaire, c'est plutôt de l'intégration parce qu'ils veulent acheter de la choucroute ou des nems halal », ajoute-t-il. Le marché a explosé ces dernières années, sortant le halal - qui signifie « licite » dans la religion musulmane - des épiceries et des boucheries spécialisées pour l'installer dans les rayons de la grande distribution, avec des marques connues de l'agroalimentaire comme Fleury Michon, Nestlé ou Casino (photo).
La France accueille la communauté musulmane la plus nombreuse d'Europe, avec 5 à 6 millions de membres, originaires pour la plupart des anciennes colonies françaises d'Afrique et du Maghreb. Le halal « va dépasser les rayons bio dans les supermarchés », affirme tout sourire Hakan Cetin, responsable commercial d'Oz pa, spécialiste des confiseries halal, sur son stand rempli de sucettes, biscuits et autres sucreries. Toutes garanties sans gélatine de porc. La demande progresse « énormément », dit-il avec gourmandise. D'où la prolifération de nouveaux produits, comme le Coca halal, les petits pots pour bébé, la saucisse cocktail de poulet ou les plats cuisinés, du bœuf aux haricots en conserve, en passant par la terrine de canard. On trouve même du champagne étiqueté halal... mais sans alcool.
Reste que certains contestent le caractère réellement halal de ces nouveaux produits : pour être « licite », un produit ne doit pas contenir de porc et doit venir d'animaux égorgés vivants. Or il n'y a aucune norme unique en France et les industriels ont recours à des organismes de certification différents, voire sont « autocertifiés ». Au total, beaucoup font des compromis.


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