Robert Pattinson : l’ère des vampires est révolue. (DR)
d'Allen Coulter Avec Robert Pattinson et Emilie de Ravin.
Il n'y a certes rien dont on peut se souvenir de ce film, de cette comédie romantico-sociale, adolesco-parentale. Bref, on ne sait même pas dans quelle catégorie la placer. C'est que le film de Coulter vise haut, mais ne tient pas ses promesses. À partir de grands drames familiaux et de petits incidents de parcours, deux jeunes gens vont se retrouver embarqués dans une histoire d'amour. Ce qui devait commencer par une cruelle plaisanterie s'achèvera par une belle romance. Porté par un casting assez bon (Chris Cooper, Pierce Brosnan, Lena Olin...), le film pêche par trop de longueurs dans un scénario qui sonne creux et qui se disperse, laissant le spectateur perdu. Le gentil vampire a une dent (hé hé, il en a pris l'habitude) contre la société et son père ; la jeune Emilie de Lost est une fille fragile. Si tous les caractères ont des meurtrissures à l'âme, le scénario ne le montre pas assez et les personnages sont assez flous. Par ailleurs, il est difficile de faire un film sur un concept comme le souvenir. Il faut être comme le cinéaste Innaritu, qui a su décrire l'incommunicabilité sans aucune faille ni faux pas. Le réalisateur de la série télévisée Rome n'a pas réussi à remplir son contrat. Il est seulement parvenu à nous plonger dans l'ennui.
Film of Welcome and Farewells,
de Corine Shawi
Liban/Danemark, 2009, 24 min, en arabe, danois, français, s-t français.
Cinq personnes sont observées au moment des adieux. À Copenhague, à travers des fragments de paysages, de corps et d'émotions, des membres que l'on aperçoit au croisement d'une rue, derrière une statue ou encore dans une vitrine, ce sont la solitude et le détachement qui sont décryptés, mis à nu et magnifiés dans ce très beau documentaire.
1958,
de Ghassan Salhab
Liban, 2009, 1h06, en arabe, français, anglais, s-t français.
En 1958, une femme donne naissance à son premier enfant au Sénégal, terre d'émigration, au même moment, le Liban, pays originaire, plonge dans un grave conflit interne, préambule de la future guerre civile. « Polyphonique, tressé (à l'image autant, insistons-y, qu'au son), ainsi le film s'affirme revendiquant toute la complexité d'une histoire toujours en cours dans laquelle l'autobiographie du réalisateur ne se distingue plus, c'est là sa fatalité, de celle de son contexte. Mais une polyphonie dont le cœur secret se concentre en une ode à la mère. Dut-elle, cette mère, se porter à son tour comme allégorie du pays d'origine, de la langue d'origine, voire de la mer qui conclut le film. » (Jean-Pierre Rehm, délégué général du FID Marseille).

