Samir Geagea prononçant son discours. Photo Marwan Assaf
À noter également la présence, à côté de l'ensemble des composantes du 14 Mars, de nombreux députés membres du Bloc démocratique de Walid Joumblatt, ainsi que de l'ancien président Amine Gemayel et du député Samy Gemayel.
Et pour en finir avec la question des présences, il convient de relever que, pour la première fois cette année, la commémoration a eu lieu en présence de représentants notamment des trois présidences ainsi que du commandement de l'armée.
Toutefois, il a été annoncé au milieu du meeting que la présidence de la République, celle de la Chambre et le commandement de l'armée ont décidé de retirer leur représentation suite aux propos tenus par l'un des intervenants contre le président syrien Bachar el-Assad, et qui ont été jugés excessifs. De sources concordantes, il s'agissait de l'intervention de la journaliste May Chidiac.
Selon le journal an-Nahar, une conversation téléphonique a eu lieu entre le président de la Chambre, Nabih Berry, et le député FL Antoine Zahra, qui a expliqué à M. Berry que les propos de Mme Chidiac étaient « personnels ». Ce à quoi le chef du Législatif a répondu : « Ça va. »
Pour en revenir au discours de M. Geagea, ce dernier s'est notamment employé à effacer toute connotation anti ou extra-arabe du slogan « Liban d'abord », rejetant « l'isolationnisme » et reconnaissant le caractère prioritaire de la cause palestinienne. C'est de la solution de cette dernière que dépend le règlement des autres problèmes de la région, a martelé le chef des FL, réclamant un État palestinien « libre » et « indépendant », et exhortant le Liban, les Arabes et la communauté internationale à sauver le processus de paix « par tous les moyens disponibles ».
Pour le reste, M. Geagea a notamment critiqué de manière virulente les campagnes menées contre les institutions, estimant que « le Liban est en danger », ainsi que celles visant le Tribunal spécial pour le Liban.
Verbatim
« Pourquoi toutes ces campagnes menées contre le tribunal international ? Qu'ont donc pu voir les auteurs de ces campagnes des activités du tribunal pour qu'ils commencent à l'attaquer de cette manière ? » s'est interrogé M. Geagea.
« Certains affirment que le sionisme mondial, l'arrogance et l'impérialisme international ont pénétré l'enceinte du tribunal et vont pousser ses travaux dans un sens servant leurs intérêts politiques. Mais qu'ont donc émis jusqu'à cet instant les services du tribunal pour qu'ils fassent une telle supposition ? » « Donnez-nous la moindre preuve dans ce sens et nous serons les premiers à exprimer notre rejet et notre condamnation », a-t-il ajouté.
« D'autres nous disent qu'il vaut mieux que le tribunal n'aille pas jusqu'au bout si ses activités risquent de menacer la stabilité au Liban. Mais pourquoi ? Comment les travaux du tribunal peuvent-ils être un danger pour la stabilité du Liban ? » a-t-il demandé.
« Si les indices, les preuves et les faits que présentera le tribunal sont politisés ou falsifiés, cela apparaîtra immédiatement, car les travaux ne seront pas secrets (...), et, en tout état de cause, nous n'accepterons jamais que l'on se joue du sang de nos martyrs. Mais si les indices et les preuves se révèlent être précis et sûrs, en quoi cela sera-t-il un danger pour la stabilité du Liban ? »
« On cherche encore à nous spolier de ce que nous avons réussi à réaliser. Et la guerre totale à laquelle nous assistons à l'heure actuelle contre l'ensemble des institutions en est la meilleure preuve », a poursuivi le chef des FL.
« L'un veut la démission du président de la République pour des raisons que nous n'avons pas comprises et que personne n'a comprises. L'autre prévient que, quel que soit l'avis de la majorité parlementaire, il n'y aura d'élections municipales que sous ses conditions. Un troisième transforme un protocole sur un don américain aux FSI et à l'armée en accord Salt sur les arsenaux nucléaires et exploite cette affaire pour s'en prendre à un gouvernement précédent et aux FSI. Et d'autres encore renforcent les bases palestiniennes hors des camps en armes et en hommes au moment où nous nous attendions tous à ce que le contraire se passe », a-t-il relevé.
« Depuis le premier instant de la révolution du Cèdre, les tentatives se multiplient pour rétablir le statu quo ante. Mais l'offensive menée aujourd'hui est plus grande que jamais. Nous allons y faire face de toutes nos forces. Je vous appelle tous à resserrer les rangs derrière nos institutions, la présidence, le gouvernement, le Parlement, et derrière nos administrations publiques, surtout militaires », a-t-il ajouté.
« L'État et la liberté au Liban sont en danger. Et ce danger ne pourra être vaincu que par le biais des institutions et du règne de la loi. Il n'y aura pas de protection pour le Liban, ni de stratégie défensive, sans l'État. Le plus grand service que nous rendrons aux ennemis du Liban, à commencer par Israël, est de marginaliser l'État. Or il l'est beaucoup aujourd'hui par rapport à ce qui se passe sur son territoire », a-t-il souligné.
Et d'ajouter : « Le plus grand service que nous rendrons à ces ennemis, y compris Israël, est d'éparpiller les rangs libanais. Or rien ne contribue davantage à l'éparpillement des rangs que le fait de dénier aux autres le droit de dire ce qu'ils pensent, que le sujet porte sur les armes du Hezbollah ou sur le sexe des anges. »
« Le fait accompli militaire et sécuritaire actuel au Liban est un héritage de la tutelle et non le fruit de discussions calmes et sérieuses entre Libanais, a-t-il encore dit. C'est pourquoi ce fait accompli ne peut constituer une stratégie défensive, d'autant qu'il ne suscite pas l'unanimité. »
« Notre slogan est le Liban d'abord. Tout le monde sait combien nous y sommes attachés. Mais ce slogan ne signifie nullement une volonté de fermeture ou d'isolationnisme, notamment par rapport à notre monde arabe », a par ailleurs déclaré le chef des FL.
« Au XXIe siècle, il n'est pas permis qu'un peuple tout entier vive dans la dispersion, loin de sa terre et sans État. Et que personne ne pense que l'on pourra régler quoi que ce soit au Moyen-Orient avant l'établissement d'un État palestinien indépendant et libre. L'absence de solution à la question palestinienne est une porte ouverte aux extrémismes de tout poil », a-t-il souligné, appelant « le gouvernement libanais, les gouvernements arabes et tous les États étrangers à mettre tout leur poids pour assurer, par tous les moyens disponibles, le succès des efforts de paix actuellement en difficulté ».
Enfin, M. Geagea a annoncé que le projet de règlement intérieur du parti des FL est fin prêt et que le premier congrès des FL aura lieu prochainement.


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