M. Allaoui a annoncé que le vice-Premier ministre sortant, le sunnite Rifaa al-Issawi, serait chargé de mener les négociations avec les autres partis. « Le dialogue se déroule avec les différentes forces politiques sans exception. Nous pensons qu'il doit y avoir un gouvernement fort capable de prendre des décisions qui servent le peuple irakien et permettent à l'Irak d'atteindre la paix et la stabilité (...) », a ajouté M. Allaoui.
Dans un entretien diffusé ensuite par la télévision locale Soumeria, il a déclaré que des membres de sa liste avaient mené un « dialogue » avec le Dawa, le parti de M. Maliki, mais qu'il n'y avait « en vérité pas de rapprochement ». Selon lui, la campagne avant les élections contre des anciens membres du parti Baas interdit de Saddam Hussein, qui a visé plusieurs membres de sa liste, a même provoqué un « refroidissement des relations » avec M. Maliki. « Jusqu'à présent il n'y a pas de dialogue important (avec le Dawa) comme avec le Conseil suprême islamique d'Irak et les sadristes ou les Kurdes, mais nous espérons qu'il aura lieu », a-t-il souligné.
Ex-membre du Baas avant de devenir un opposant résolu au régime de Saddam Hussein, M. Allaoui, un chiite laïque, avait dirigé en 2004 le premier gouvernement irakien après l'invasion américaine. M. Maliki a refusé de reconnaître sa défaite, arguant que les résultats du scrutin n'étaient « pas définitifs ». Hier, il a sévèrement critiqué l'envoyé spécial de l'ONU en Irak, Ad Melkert, qu'il a accusé d'inaction face aux accusations de fraudes. M. Melkert avait qualifié vendredi les élections législatives de « crédibles », appelant les différents candidats à « accepter les résultats ».
La Cour suprême doit encore les approuver après l'examen par la commission électorale d'éventuelles plaintes.
Mais une chose est sûre : le nouveau gouvernement ne devrait pas voir le jour avant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, le vainqueur ne disposant pas d'une majorité absolue pour former, seul, le cabinet et devra se livrer à des tractations difficiles pour rassembler une coalition gouvernementale.
Compliquant davantage la tâche de M. Allaoui, un avis de la Cour suprême, réclamé par M. Maliki, juge que la formation d'un gouvernement pouvait également être confiée à une alliance de listes qui se sont présentées indépendamment, mais qui ensemble totalisent le plus grand nombre de sièges. Si la liste de M. Maliki réussit à former une plus grande coalition avec d'autres listes, elle pourrait être chargée de former le cabinet.
Pour M. Allaoui cependant, la Constitution est claire. « Le bloc qui a remporté le plus (de sièges) est celui chargé de former le gouvernement même s'il n'a gagné que d'une demi-personne. »

