Les employés de l’atelier de Johannesburg exhibant leur travail.
La Coupe du monde, qui s'ouvre le 11 juin en Afrique du Sud, soulève un intérêt croissant pour le folklore footballistique du pays.
Les makarapas, objets d'artisanat façonnés au fil des années par les amoureux du ballon rond, n'ont pas échappé à l'engouement : ces casques de mineurs découpés et peints aux couleurs d'un club sont désormais produits à la chaîne.
Dans un coin de l'atelier, un bras robotisé cisaille le plastique, accomplissant en un instant le travail de découpage qui prenait des jours pour chaque pièce unique portée avec fierté par les fans des grands clubs de Soweto, le fameux township au sud-ouest de Johannesburg.
« Il y a deux phases difficiles dans la confection de cet objet : le découpage et la peinture. Je me suis dit que si nous réduisions le temps de découpage ça permettait d'en peindre plus », explique l'architecte Paul Wygers, inventeur de la machine.
La Fédération internationale de football (FIFA) lui a commandé 2 000 de ces couvre-chefs emblématiques, nés dans les années 1970 de l'imagination d'un fan des Kaizer Chiefs, l'un des clubs de Soweto, qui avait eu l'idée de découper et de décorer un casque.
Révolution industrielle
Face aux centaines de milliers de visiteurs annoncés pour le Mondial, l'artisanat du foot sud-africain subit sa révolution industrielle. Les vuvuzelas, trompettes en plastique dont les barrissements retentissent à chaque match dans le pays, se déclinent ainsi sous toutes sortes de formes, de tailles et de couleurs.
Et pour les casques, une autre société propose des autocollants spéciaux aux couleurs des 32 pays en compétition.
Pour certains, cette fabrication à grande échelle des casques découpés gâche un peu la fête : « C'est très pénible de voir que quelqu'un en a fait un business », lance Sadaam Maake, autoproclamé « plus grand supporteur des Keizer Chiefs » et artisan d'un magnifique makarapa très personnalisé.
Paul Wygers, connu pour avoir conçu le bâtiment de la Cour constitutionnelle postapartheid, répond que cette production permet de créer des emplois.
« Ce qui m'a attiré dans les makarapas, c'est le côté artistique, et aussi l'aspect social : la plupart des gens que j'ai embauchés étaient au chômage », assure le quadragénaire.
Trente-cinq personnes sont salariées de sa petite entreprise, dont Manuel Ndindi, chargé des finitions. Avant de décrocher ce travail il y a deux mois et demi, ce jeune homme peignait chez lui et peinait à joindre les deux bouts.
Pour le bénéfice d'un salaire fixe, il est prêt à tenir la cadence.


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