Le PM Abhisit refuse de démissionner et de dissoudre l'assemblée nationale. Les "rouges", eux, assurent qu'ils resteront à Bangkok aussi longtemps que nécessaire./
Les partisans de l'ex-Premier ministre en exil Thaksin Shinawatra, dont le mouvement semblait en déclin en fin de semaine, a connu un regain de puissance dans de joyeux défilés avec musique, chants, sourires et drapeaux rouges.
En fin d'après-midi, le chef du gouvernement Abhisit Vejjajiva a annoncé avoir convaincu les "chemises rouges" de négocier, dans une rencontre entre deux de ses proches collaborateurs, dont un ministre, et deux dirigeants subalternes des manifestants.
La douche froide n'a pas tardé.
"Après en avoir discuté ensemble, nous sommes arrivés à la conclusion que nous ne parlerons (...) qu'à Abhisit", a déclaré Jatuporn Prompan, l'un des principaux meneurs du groupe. Nattawut Saikur, un autre cadre du groupe, en a même rajouté peu après en indiquant qu'une dissolution de la chambre basse demeurait une condition préalable à tout dialogue.
Les "rouges" capitalisent sur l'étonnant succès de leur mobilisation samedi, après un pic de plus de 100 000 personnes dimanche dernier, suivi d'une érosion constante du mouvement cette semaine. Ils n'étaient ainsi que 18 000 jeudi soir.
Majoritairement composés de masses rurales du nord et du nord-est du pays, les "rouges" espéraient samedi faire front commun avec les classes moyennes urbaines contre les élites traditionnelles de Bangkok - palais royal, militaires, hauts fonctionnaires, magistrats - qui selon eux monopolisent le pouvoir et les richesses du pays.
Jeudi, ils avaient appelé à une "guerre des classes" contre ces élites, incarnées à leurs yeux par Abhisit Vejjajiva. L'ambiance a été bien loin d'évoquer une hypothétique guerre, mais les "rouges" ont clairement renfloué leurs rangs.
"Notre caravane a rencontré le succès. Nous avons été chaleureusement accueillis", a estimé Nattawut.
Libérés de leurs obligations professionnelles par le week-end, des manifestants sont venus des provinces proches de la capitale, apparemment mobilisés par les militants du Puea Thai, le parti favorable à M. Thaksin au Parlement.
Dans son intervention quotidienne par vidéo-conférence, Thaksin Shinawatra s'est félicité de cette affluence et du regain d'énergie dont ont témoigné ses partisans. "Je suis vraiment fier de vous et j'ai presque pleuré", a-t-il déclaré de Dubaï. "Je veux que tout le monde nous rejoigne dans cet appel à la démocratie. Vous n'avez pas à vous habiller de rouge, mais à suivre une seule idéologie, la démocratie", a martelé le leader populiste.
M. Thaksin, richissime magnat des télécommunications, a été le seul Premier ministre thaïlandais réélu, avant d'être renversé par un coup d'État militaire en 2006. Il reste considéré par une grande partie des masses rurales comme le seul à s'être jamais préoccupé de leur sort.
M. Abhisit, lui, est arrivé au pouvoir fin 2008 au terme d'un jeu de renversements d'alliances parlementaires et d'une décision de justice controversée qui a chassé du pouvoir les alliés de M. Thaksin. Sa légitimité est depuis constamment contestée. Mais il refuse de démissionner et de dissoudre l'assemblée nationale. Les "rouges", eux, assurent qu'ils resteront à Bangkok aussi longtemps que nécessaire.
En fin d'après-midi, le chef du gouvernement Abhisit Vejjajiva a annoncé avoir convaincu les "chemises rouges" de négocier, dans une rencontre entre deux de ses proches collaborateurs, dont un ministre, et deux dirigeants subalternes des manifestants.
La douche froide n'a pas tardé.
"Après en avoir discuté ensemble, nous sommes arrivés à la conclusion que nous ne parlerons (...) qu'à Abhisit", a déclaré Jatuporn Prompan, l'un des principaux meneurs du groupe. Nattawut Saikur, un autre cadre du groupe, en a même...

