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Sport

Paris-SG : Auteuil et Boulogne, rivalité culturelle ou lutte de pouvoir ?

Historiquement rivales, les deux tribunes Auteuil et Boulogne, qui supportent le Paris-SG, se livrent une guerre fratricide, qui vient de se solder par un décès, sans réellement savoir si l'origine est une lutte idéologique ou une simple lutte de pouvoir.
« L'histoire dit qu'Auteuil est né de la volonté de Canal+ de se défaire de l'image de » facho « de Boulogne en créant un pendant », synthétise un proche du dossier.
Arrivée en 1991, la chaîne cryptée aurait cherché à réduire l'influence de sa tribune historique, d'une capacité de 6 000 places environ, en lui adjoignant un autre virage aussi fréquenté en nombre mais mixte et métissé.
Depuis la dissolution des Boulogne Boys en 2008, le kop ne compte plus d'associations officielles, même si ses liens avec le club ne se sont jamais distendus. Et l'activité des Gavroche ou autres Rangers n'est aujourd'hui que purement symbolique.
Les 400 membres environ des Boys se sont dispersés et une petite partie est venu rejoindre les quelque 300 Indépendants qui, comme leur nom l'indique, ne sont affiliés à personne et sont adeptes des opérations coups de poing parfaitement organisées dans le plus pur style paramilitaire.
En face, Auteuil, dont les abonnés et sympathisants remplissent à moitié environ la tribune, continue de se réorganiser depuis 2006 et l'autodissolution des Tigris Mystics, qui faisait déjà suite à de violents affrontements avec Boulogne.

Durcissement
Les Ultras, le groupe le plus « fort », sont environ 500 (le double avec les sympathisants), et ils font désormais partie, avec les Authentiks (environ 300) et la Grinta (une centaine de membres), de la frange la plus radicale du virage.
« L'avenir nous appartient », proclamait d'ailleurs un tifo très mal perçu par Boulogne il y a quelques années.
Censé représenter les supporters de la banlieue, Auteuil revendique une image « black-blanc-beur » tandis qu'une partie de Boulogne y voit l'arrivée des « racailles » dans son Parc des Princes.
Enfin, les Lutèce Falco (environ 400) représentent la branche plus consensuelle du virage, qui a longtemps fait office d'intermédiaire avec Boulogne avant de se mettre en sommeil le 2 mars.
Pour certains, les membres de la Grinta, une association née il y a un an et demi environ et qui avait fait la demande pour bénéficier du statut de groupe reconnu (désormais obsolète), sont à l'origine du durcissement de la situation en début de saison, après des actions violentes qui avaient provoqué l'interruption du match à Monaco.

Base jeune et débordante
Si Boulogne était à tendance « fasciste-extrême-droite » à l'origine, selon les experts, la tribune n'est cependant « plus aussi politisée qu'avant ».
En revanche, elle reste un lieu attachée à son passé et ses traditions où l'on respecte les leaders historiques, comme pouvait l'être Yann, le supporter décédé.
« À Auteuil, il n'y a pas d'unité dans la tribune, alors que dans le kop, la fidélité est très forte entre ceux qui ont fait son histoire », explique-t-on encore.
Pourtant, la dissolution des Boys, avant leur radicalisation, a entrouvert une porte dans laquelle s'est engouffré le trident Supras-Authentiks-Grinta, désireux de mettre fin à des années d'hégémonie pour rééquilibrer le pouvoir des tribunes.
Doublé par leur base jeune et débordante, les cadres d'Auteuil, qui reprochent aux responsables du club leur complaisance à l'égard de Boulogne et ont coupé les ponts, n'ont pas réussi, ou voulu, lui contester ce choc aussi générationnel que culturel.
« Boulogne a cherché à nous diaboliser et y est parvenu. Dissoudre Auteuil serait la pire des choses », redoute-t-on à Auteuil sans réellement se faire d'illusion sur le futur à long terme des associations dans ce climat aussi explosif socialement que politiquement.
Historiquement rivales, les deux tribunes Auteuil et Boulogne, qui supportent le Paris-SG, se livrent une guerre fratricide, qui vient de se solder par un décès, sans réellement savoir si l'origine est une lutte idéologique ou une simple lutte de pouvoir.« L'histoire dit qu'Auteuil est né de la volonté de Canal+ de se défaire de l'image de » facho « de Boulogne en créant un pendant », synthétise un proche du dossier.Arrivée en 1991, la chaîne cryptée aurait cherché à réduire l'influence de sa tribune historique, d'une capacité de 6 000 places environ, en lui adjoignant un autre virage aussi fréquenté en nombre mais mixte et métissé.Depuis la dissolution...
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