Entretien détendu entre Hillary Clinton et Sergueï Lavrov, hier, à Moscou, malgré les divergences sur le dossier nucléaire. Yuri Kadobnov/AFP
« Nous sommes à la fin de la dernière ligne droite et nous espérons que très prochainement les négociateurs » du futur traité devant succéder à Start, arrivé à échéance en décembre, « annonceront la fin du travail », a déclaré M. Lavrov après une rencontre des deux dirigeants à Moscou. « Ensuite, nous allons nous mettre d'accord sur ce que nous pouvons proposer aux présidents en tant que date et lieu pour la signature de ce document », a-t-il ajouté. « Nous faisons des progrès importants sur le nouveau traité Start, c'est ce que disent nos négociateurs à Genève », a de son côté estimé Mme Clinton. « Les résultats des dernières séries de négociations nous donnent à penser que nous parviendrons à un accord final bientôt », a-t-elle ajouté.
Selon le porte-parole de la diplomatie américaine, Philip Crowley, « il reste un ou deux sujets régler. Il y a eu des progrès ces derniers jours ».
Le traité de désarmement sur lequel les délégations russe et américaine négocient depuis de longs mois à Genève doit prendre le relais de Start 1, accord conclu en 1991 et arrivé à échéance le 5 décembre 2009.
Depuis le début de l'année, Moscou et Washington se disent très proches d'un accord, mais les pourparlers semblaient s'éterniser sans que les parties n'apportent de précisions sur les raisons du retard.
La principale controverse qui pèse sur les négociations est le projet américain de défense antimissile en Europe de l'Est, dont la Roumanie s'apprête à accueillir des éléments, au grand dam de Moscou.
La Russie souhaite un lien « juridiquement contraignant » entre les armes offensives et défensives, alors que Mme Clinton ne veut pas lier le dossier Start à celui du bouclier.
Des négociateurs russes et américains se retrouvent régulièrement à Genève pour mettre au point le nouveau document, pierre angulaire du « redémarrage » des relations entre les anciens ennemis de la guerre froide, souhaité par les présidents Barack Obama et Dmitri Medvedev après des années de « paix froide » sous George W. Bush.
Mme Clinton et M. Lavrov sont moins proches d'un accord sur la question du programme nucléaire iranien, alors que les grandes puissances soupçonnent Téhéran de chercher à se doter de l'arme atomique.
Washington pousse ses partenaires à préparer un nouveau train de sanctions à l'ONU. Mais après plusieurs déclarations paraissant indiquer que Moscou souscrivait à cette option, Sergueï Lavrov a affirmé hier qu' « il restait des opportunités pour la diplomatie ».
« Nous restons engagés, comme par le passé, envers une solution diplomatique, mais il faut une solution », a répliqué à ses côtés Mme Clinton, le visage fermé.
La secrétaire d'État a ensuite plaidé une nouvelle fois pour « un consensus international clair au Conseil de sécurité, qui donne à l'Iran le message qu'il doit entendre, à savoir que son comportement a des conséquences, et que sa quête d'armes nucléaires menace la sécurité régionale et mondiale ».
Les propos de M. Lavrov sont un revers pour la diplomatie américaine, qui pensait ne plus avoir à convaincre que la Chine - l'un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU avec la Russie, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne - de la nécessité de sanctions.
Philip Crowley s'est toutefois réjoui hier soir de l'appel de M. Lavrov à « la responsabilité internationale » de Pékin en tant que puissance nucléaire.
Enfin, le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a indiqué hier que la première centrale nucléaire de l'Iran construite par les Russes à Bouchehr (Sud) fonctionnerait dès cet été, une mise en service jugée « prématurée » par Hillary Clinton.


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