Ambiance de fête à Gemmayzé. Photo Marwan Assaf
À la veille de l'ouverture, hier soir, du Salon La France au Liban, qui se tient au BIEL, la rue Gemmayzé était réservée mardi soir aux piétons.
Comme le soulignait Mlle Myriam Safsaf, attachée sectorielle à la mission économique de Beyrouth près l'ambassade de France, cette soirée était une avant-première à l'exposition du BIEL en vue de donner un avant-goût du Salon et mobiliser le grand public. Objectif atteint ! Six mille billets ont été vendus à l'avance et environ deux mille autres le soir même, sans compter le nombre de personnes sans billets venues profiter de l'ambiance.
Le concept était simple, mais l'idée tient du génie : avec un billet acheté à 15 dollars, on gagnait l'accès aux 60 bars de Gemmayzé qui participaient à l'événement et qui offraient vin et fromage à volonté. Les produits français sont à l'honneur ! De quoi attirer bon nombre d'amateurs...
En cette chaude soirée de mardi, un joyeux désordre régnait ainsi à Gemmayzé ; dans la rue, comme dans les 60 bars qui participaient à l'événement, une ambiance festive s'était emparée du quartier préféré des noctambules. On parlait français, anglais, arabe, et même norvégien ! À croire que le bon vin reste une valeur sûre...
Dans les bars, on sert du vin rouge Ksara accompagné d'une sélection de fromages français, dont le chèvre, le brie et le comté. Les gens sont d'humeur festive ; on boit, on mange, on danse dans une ambiance tamisée et « caliente ».
À l'extérieur, deux stands de Ksara sont postés à des endroits stratégiques, à savoir l'entrée de la rue et l'escalier de Gemmayzé, pour veiller à ce que les « rénégats » des bars puissent quand même profiter du bon vin. Il faut dire qu'à 22 h, tous les bars sont déjà pleins à craquer et n'accueillent plus personne, à moins d'avoir une réservation. Il semblerait, heureusement, que les organisateurs avaient prévu ce succès : vers 22h30, un son de trompettes et de tambours s'élève de l'autre bout de la rue. Je me laisse emporter par la foule jusqu'à arriver au début de la rue Gemmayzé où tout ce que je réussis à voir est un groupe compact avançant aux rythmes de musiques brésilienne, française et orientale. Ce n'est que lorsque je me poste debout sur une chaise qui traîne que je comprends enfin la cause de cet engouement : un groupe de vingt musiciens vêtus de blanc, de la tête aux pieds, accompagnés par des artistes acrobates et des équilibristes sur échasses, le tout encerclé par une foule déchaînée. C'est là que je constate avec joie que l'ambiance de la rue n'a rien à envier à celle des bars.
À minuit, la rue est encore bondée de monde et les bars toujours pleins. Des coupes en plastique vides jonchent les recoins des rues et les stands de vin croulent sous les boîtes en cartons, qui quelques heures plus tôt étaient remplies de bouteilles.
La tête remplie de rythmes franco-latins, j'entame courageusement ma marche d'un quart d'heure jusqu'à ma voiture garée plus loin.


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