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Nos lecteurs ont la parole

Maladresse ou coup de bluff ?

Par Joseph W. ZOGHBI
Israël, à travers son arrogance habituelle et la grande gueule de ses dirigeants, menace tous azimuts. Les ministres de la Défense, des Affaires étrangères et d'autres responsables déversent leur venin sur l'Iran, la Syrie, le Hamas et le Hezbollah, et à travers celui-ci sur le gouvernement libanais. Leur président et leur Premier ministre atténuent ces déclarations. Faudrait-il voir là l'expression d'une politique conciliante ? Que l'on se détrompe. Ces déclarations et autres événements montrent tout juste le contraire.
Le débat au sein du  gouvernement israélien  est certainement déclenché en prélude à  une préparation à la guerre, et seule la question de son timing se pose. Pourquoi la guerre n'a-t-elle pas encore eu lieu ? La raison est tout à fait simple : une telle guerre, sans précédent à travers l'histoire de ce Proche-Orient, sera dévastatrice pour tout le monde, y compris Israël. C'est pour cette raison que l'État hébreu ne peut pas prendre le risque de se retrouver seul dans la bataille. Par ailleurs, ce n'est pas pour des broutilles que le club des Six - les grandes puissances plus l'Allemagne - fait de tout pour l'éviter. Si Israël déclenche la guerre sans préparation diplomatique, il prend un risque aux proportions et aux résultats incalculables. Cependant, il ne faudrait pas se leurrer, si les Six ne bougent pas, Israël bougera, car il y va de son existence même. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad n'a-t-il pas dit et redit, il y a quelques jours encore, qu'il veut rayer  Israël de la carte ? Nous avons entendu des déclarations similaires plusieurs fois  par le passé, avant la guerre de juin 1967. Et juste après, la guerre était au rendez-vous, avec les conséquences néfastes qu'on connaît.
Par ailleurs, Israël a pris un risque énorme et disproportionné dans l'assassinat de l'un des dirigeants du Hamas, Mabhouh. En envoyant 26 personnes pour tuer un individu, qui n'avait d'ailleurs pas une bombe atomique dans sa chambre d'hôtel à Dubaï, en utilisant de surcroît des passeports de pays qui ne sont pas ses ennemis, il a pris le grand risque de se mettre ces pays à dos. Cet agissement montre qu'Israël a perdu le sens de la mesure et de la prudence, et est donc acculé à la faute et devient prêt à tout, même à réitérer le suicide collectif de Massada.
Les voyages du Premier ministre israélien ou d'autres dirigeants dans les capitales des six grands, Washington, Berlin, Paris, Moscou, Londres et maintenant Beijing, sont certainement les voyages de la dernière chance. J'imagine que les faucons du gouvernement israélien ont adressé à leur Premier ministre un ultimatum, le sommant de tenter de convaincre les capitales des pays concernés de durcir le ton vis-à-vis de l'Iran pour le dissuader de produire de l'uranium enrichi avant de prendre la décision de déclencher une guerre « préventive ».
Les déclarations de Mme Clinton souhaitant que la Syrie se désengage de la politique iranienne montrent que les États-Unis craignent un embrasement généralisé au Proche-Orient qui n'épargnerait ni le Liban, ni la Syrie, ni d'autres pays. M. Kouchner a aussi prévenu le Liban que toute guerre entre Israël et l'Iran n'épargnerait pas le Liban. Les déclarations de Mme Clinton ont été accueillies avec ironie par MM. Ahmadinejad et Assad.
Les propos du président iranien devraient conduire à l'un des deux termes suivants de l'alternative : ou bien Israël est terrorisé et accepte de négocier finalement en toute transparence et en toute sincérité pour résoudre tous les problèmes de la région, et dans ce cas, M. Ahmadinejad, qui n'a pas encore la bombe, aura réussi un coup de bluff extraordinaire ; ou bien Israël, qui le prend au mot, lancera toutes ses forces dans la bataille, avec tous les résultats dévastateurs qui en découleraient, et dans ce cas, il s'agirait de la plus grande maladresse commise par un dirigeant de la région depuis Jamal Abdel Nasser. La balance penche plutôt vers le second terme de l'alternative avec un grand saut dans l'inconnu et un changement dramatique au Proche-Orient, comme l'a déclaré sayyed Hassan Nasrallah.
Israël, à travers son arrogance habituelle et la grande gueule de ses dirigeants, menace tous azimuts. Les ministres de la Défense, des Affaires étrangères et d'autres responsables déversent leur venin sur l'Iran, la Syrie, le Hamas et le Hezbollah, et à travers celui-ci sur le gouvernement libanais. Leur président et leur Premier ministre atténuent ces déclarations. Faudrait-il voir là l'expression d'une politique conciliante ? Que l'on se détrompe. Ces déclarations et autres événements montrent tout juste le contraire. Le débat au sein du  gouvernement israélien  est certainement déclenché en prélude à  une préparation à la guerre, et seule la question de son...
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