Selon les douanes, les exportations françaises de fromages ont baissé l'an dernier tant en valeur à 2,5 milliards d'euros (-4,8%), qu'en volume à 591 121 tonnes (-1,7%) par rapport à 2008.
Selon les douanes, les exportations françaises de fromages ont baissé l'an dernier tant en valeur à 2,5 milliards d'euros (-4,8%), qu'en volume à 591 121 tonnes (-1,7%) par rapport à 2008.
Premier producteur européen de fromages avec près de 2 millions de tonnes, l'Allemagne est devenue aussi le premier exportateur.
Les exportations allemandes, qui ont encore progressé en 2009, dépassent les exportations françaises en volume depuis 2003 mais également en valeur depuis 2006, d'après le service de statistiques de l'Union européenne Eurostat.
Les difficultés françaises sont surtout perceptibles pour les fromages qui nécessitent une grande quantité de lait. C'est le cas de l'emmental. Douze litres de lait sont nécessaires pour fabriquer un kilo d'emmental contre 2 litres pour un camembert.
Pour les professionnels, quand l'emmental va, tout va. Si le prix du lait est compétitif, l'emmental se vendra bien. Dans le cas contraire, les industriels iront faire leurs emplettes ailleurs.
C'est ce qui s'est passé l'année dernière en France où le prix du lait a été en moyenne 15% supérieur à celui versé aux producteurs allemands et 9,5% plus élevé qu'aux Pays-Bas.
Ce prix plus élevé a été obtenu à l'issue de crises à répétition chez les producteurs laitiers français, très inquiets de la chute de leurs revenus.
En 2009, "la France a perdu l'équivalent de la production de deux usines d'emmental", souligne Olivier Picot, président de l'Association de la transformation laitière française (Atla), organisme qui représente industriels et coopératives.
Ce problème de compétitivité transparaît dans les exportations françaises. Pour l'emmental, elles ont baissé de 10%. Pour les fromages fondus, comme le Saint-Moret ou la Vache qui rit, dont la fabrication nécessite aussi une grande quantité de lait, la baisse a été de 13,5%.
Si l'emmental n'a pas le moral, son cousin le gruyère a également des soucis. En effet le gruyère français risque de ne pas obtenir l'appellation d'origine protégée (AOP) qu'il revendique auprès de la Commission européenne et de laisser le champ libre au gruyère suisse. Bruxelles a donné un sursis à Paris et devrait se prononcer dans quelques mois.
Toutefois, pour les professionnels français du fromage, des signes de reprise sont perceptibles dans le haut de gamme.
"C'est vrai qu'on a connu une année 2009 difficile. Mais ici c'est un bon moyen de sentir le marché, et là on a vu pas mal de clients étrangers, beaucoup d'Américains notamment", assure le directeur commercial de la fromagerie Lincet Arnaud Gauthier.
Si les pays européens sont la première destination des exportations françaises (86% des volumes), le marché américain est le premier hors Europe devant la Suisse et le Japon.
"Le marché américain, c'est un énorme potentiel", explique Arnaud Gauthier, dont la fromagerie s'est regroupée avec quatre autres fin 2007 pour créer le Frencheese club.
Ce club propose une palette variée de produits haut de gamme, afin de mieux pénétrer un marché américain parfois compliqué à conquérir comme l'avait démontré la flambée des droits de douanes pour le Roquefort il y a un an.
En janvier 2009, le célèbre fromage de brebis du Massif central (centre de la France) avait subi un triplement des droits de douane américains, en réponse au refus de Bruxelles de faire évoluer l'interdiction d'importer du boeuf aux hormones américain sur le Vieux Continent.
Premier producteur européen de fromages avec près de 2 millions de tonnes, l'Allemagne est devenue aussi le premier exportateur.
Les exportations allemandes, qui ont encore progressé en 2009, dépassent les exportations françaises en volume depuis 2003 mais également en valeur depuis 2006, d'après le service de statistiques de l'Union européenne Eurostat.
Les difficultés françaises sont surtout perceptibles pour les fromages qui nécessitent une grande quantité de lait. C'est le cas de l'emmental. Douze litres de lait sont...

